« Nous ne partirons pas », « J’ai dû annuler mon road trip »… Ils ont renoncé à voyager cet été à cause du coronavirus

ETE POURRI Le variant Delta, qui entraîne une flambée des contaminations au coronavirus dans le monde, oblige de nombreux vacanciers à changer leur fusil d’épaule

Delphine Bancaud

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Les annulations des vacances sont fréquentes cet été.
Les annulations des vacances sont fréquentes cet été. — Pixabay
  • La situation sanitaire s’aggravant dans de nombreux pays, des restrictions sont mises en place dans certains d’entre eux et plusieurs destinations sont déconseillées par le gouvernement français.
  • Ce qui a contraint plusieurs de nos lecteurs à annuler leur séjour.
  • La mise en place du pass sanitaire en France dissuade aussi certains non vaccinés à prendre la poudre d’escampette.

Après une année harassante avec deux confinements, une énorme séquence de télétravail et des couvre-feux à répétition, ils en rêvaient, de leurs vacances dépaysantes pour se ressourcer. Mais c’était sans compter sur la quatrième vague et la propagation expresse du variant Delta.

Sans surprise, ils sont nombreux à avoir annulé leur séjour cet été par précaution, notamment dans la péninsule ibérique. Il faut dire que la situation est hors de contrôle depuis plusieurs semaines en Catalogne. Un couvre-feu a été instauré dans la plupart des localités de la région, dont Barcelone, à partir 23 juillet et pour au moins une semaine. Plusieurs autres territoires d’Espagne (Valence, la Cantabrie…) vont avoir recours à des mesures similaires ou les ont déjà instaurées. Du coup, Frédéric a renoncé à son périple : « Nous avons annulé notre escapade prévue à Barcelone et Andorre. Dommage que les hôtels ne jouent pas le jeu et ne nous remboursent pas », déplore-t-il. Lili, elle, ne sait toujours pas si elle va pouvoir s’envoler.  « Je comptais faire un road trip avec mes amies à Barcelone, puis Malte et enfin Lisbonne. Je suis la seule de mes amies à ne pas vouloir me faire vacciner, donc c’est râpé pour moi. On attend de nouvelles restrictions ou infos sur les frontières pour réserver quoi que ce soit ».

« Le pays est sur la liste rouge et toute ma famille a choppé le Covid-19 »

Parmi les pays les plus durement touchés en Europe avec plus de 128.700 morts, le Royaume-Uni a enregistré dernièrement plus de 50.000 nouveaux cas quotidiens, une hausse attribuée au variant Delta. Et même si Angleterre a levé lundi ses dernières restrictions sanitaires, les autres nations du Royaume-Uni – Ecosse, Pays de Galles et Irlande du Nord – ont adopté un calendrier plus prudent. Du coup, Marie a préféré annuler son périple à Guernsey, comme elle nous l’a raconté en répondant à un appel à témoins : « Les conditions ne font que changer. Nous avons annulé pour ne pas avoir à payer un confinement strict. Nous n’avons pas été remboursées intégralement par Condor Ferries, alors qu’il est impossible de voyager. Il ne nous a même pas été proposé un avoir du montant total de la traversée. Nous ne partirons pas cette année, même pas en France, où les tarifs ont beaucoup augmenté en raison de l’affluence. Et puis il y a trop de monde dans les lieux touristiques qui ne respectent plus les distanciations ». Le fait que l’Angleterre ait jeté le masque depuis lundi n’a pas rassuré non plus Sophie : « Cela fait deux fois que l’on repousse notre voyage en Angleterre pour aller sur les traces de Harry Potter. C’est le cadeau des 18 ans de notre fille. On doit y retourner en septembre et je crois que c’est mal parti. Or, je ne pense pas que nous soyons remboursés, car le vol ne sera pas annulé. »

Et pour ceux qui comptaient partir dans un pays qui vient d’être placé en zone rouge, un motif impérieux est requis pour s’y rendre si l’on n’est pas vacciné, et une quarantaine obligatoire de 10 jours est imposée au retour. Mais un décret paru le 16 juillet lève ces obligations pour les vaccinés, même si le gouvernement leur déconseille formellement de se rendre dans ces pays très touchés par l’épidémie. Une recommandation que suivra Sana : « Je devais partir en Tunisie pour 2 semaines avec mes enfants. Or, le pays est sur la liste rouge et toute ma famille a choppé le Covid-19. Donc changement de plan et destination le sud de la France », explique-t-elle.

« (Le pass sanitaire) nous a surtout incités à annuler toutes nos réservations »

Pour les non vaccinés, il a fallu parfois aussi faire machine arrière, comme Patricia : « Nous avions prévu un auto-tour du 29 juillet au 5 août avec mon fils à Malte, que nous avons annulé car ne sommes pas vaccinés. Nous ne serons pas totalement remboursés. L’agence doit m’envoyer sa facture de frais d’annulation et je dois attendre un mois minimum avant que l’assureur ne me rembourse, malgré l’assurance annulation Covid-19 que j’avais prise. C’est Malte qui a changé les conditions d’entrée, car à notre inscription il y a 5 semaines, un test PCR de 72 heures maxi négatif suffisait ». Malte a en effet annoncé dans un premier temps qu’elle fermerait ses frontières aux personnes non vaccinées, puis a renoncé à cette mesure quelques heures avant son entrée en vigueur, mais leur impose en revanche une quarantaine.

Mais il n’y a pas que les vacanciers qui projetaient de partir à l’étranger qui sont contraints d’annuler. Certains, qui ne voulaient pas quitter l’Hexagone, ont quand même préféré jouer la carte de la sécurité, comme Lucie : « J’ai dû annuler le road trip prévu depuis la fin du dernier confinement, en raison de la hausse du taux d’incidence dans le sud de la France. J’ai pu annuler deux hôtels, mais pas le dernier, donc je perds une nuit à 200 euros. Car ils estiment que le fait de refuser de faire un test antigénique tous les deux jours ou que la hausse du taux d’incidence n’est pas un motif valable, même avec l’extension de garantie ».

La mise en place du pass sanitaire pour aller au cinéma, au musée ou dans des établissements sportifs dès ce mercredi, et pour accéder aux cafés, aux restaurants et aux trains à partir de début août, a aussi dissuadé certains de faire leurs valises, à l’instar d’Alex : « Mon épouse et moi avions prévu de partir à la mi-août faire une cure bien-être à Vichy, accompagnés de mon père et de notre fille en bas âge. Tous deux non vaccinés et n’envisageant pas de l’être, la mise en place des restrictions liées au pass sanitaire nous a surtout incités à annuler toutes nos réservations. Nous resterons à la maison cet été, hors de question de plier le genou devant cette dictature sanitaire », s’énerve-t-il. Idem pour Remy « J’ai annulé ma réservation de 600 euros pour une semaine à côté du zoo de Beauval à partir du 25 juillet jusqu’au 31 juillet. Pas question d'être vacciné par obligation ! », justifie-t-il. Des vacances qui auront donc un goût amer pour certains.