Deux ans après la mort de sa fille, elle demande une loi sur les hélices de bateaux, « de véritables hachoirs »

SECURITE Une mère de famille se mobilise pour « rendre obligatoire une protection autour des hélices de bateaux à moteur » après le décès de sa fille, il y a près de deux ans

Julie Urbach

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Laëtitia est décédée le 7 août 2019 à l'âge de 15 ans.
Laëtitia est décédée le 7 août 2019 à l'âge de 15 ans. — Fournie par Caroline Leclercq
  • Le 7 août 2019, la jeune Laëtitia a perdu la vie à Pornichet après avoir été happée par une hélice de bateau.
  • Sa maman, Caroline Leclercq, milite désormais pour équiper les bateaux de cages à hélice. Elle a lancé une pétition qui a déjà récolté quelque 30.000 signatures.

« Il ne se passe pas un jour sans que je ne pleure ma fille… Mais mon médicament, désormais, c’est de mener ce combat. » Il y a près de deux ans, Caroline Leclercq perdait brutalement son enfant, Laëtitia, victime d’un tragique accident au large de Pornichet (Loire-Atlantique). C’était pendant les vacances, le 7 août 2019 : l’adolescente de 15 ans faisait de la bouée tractée quand elle a été happée par l’hélice du semi-rigide, qui avait fait demi-tour pour venir la récupérer dans l’eau. Les secours n’ont rien pu faire pour la sauver.

Si le père de la jeune victime a depuis été condamné pour homicide involontaire (il se trouvait sur le bateau et avait laissé les commandes à son fils de 12 ans), la maman de Laëtitia se bat désormais pour que d’autres familles n’aient pas à vivre ce type de drame. Lancée en ligne début juin, sa pétition visant à « rendre obligatoire une protection autour des hélices de bateaux à moteur » a déjà atteint près de 30.000 signatures.

« L’espoir que ça bouge »

Car une fois le choc passé, Caroline Leclercq, 52 ans, s’est rendu compte d’un vide juridique qui règne, selon elle, autour de ces engins parfois pilotés par des touristes peu avertis. « Il n’y a rien, aucune réglementation autour de ces hélices qui sont pourtant de véritables hachoirs, déplore cette habitante de la région parisienne. J’aimerais qu’une loi aboutisse, que les bateaux aient l’obligation de s’équiper d’une cage à hélice. C’est un dispositif de protection qui ne coûte pas si cher, entre 100 et 300 euros, et qui n’est pas trop long à installer. » Certains pays l’ont d’ailleurs déjà adopté.

En France, les mentalités semblent un peu bouger. En Seine-Maritime, par exemple, la députée LREM Stéphanie Kerbarh s’est saisie de la question et a obtenu le lancement d’une mission d’inspection générale, dont les conclusions doivent être présentées prochainement. En parallèle, la sensibilisation évolue aussi doucement. « Depuis le drame, nous avons ajouté dans nos messages de prévention celui de s’équiper d’une cage à hélice, indique-t-on du côté de la préfecture maritime de l’Atlantique. Et notamment pour les navires très proches des zones de baignade, ou ceux qui peuvent croiser des chasseurs sous-marins ou des plongeurs apnéistes. Il y a une vraie vigilance à avoir, même si les décès restent heureusement exceptionnels. »

Quelques mois avant le décès de Laëtitia, un jeune kitesurfeur, Stan, a perdu la vie dans le Finistère dans des circonstances similaires. Depuis, l’école de voile des Glénan a fait savoir qu’elle avait équipé seize bateaux à moteur de cages de protection. « J’ai de l’espoir que ça bouge, avance Caroline Leclercq. Il y a eu des morts, des personnes amputées d’un membre. Vous partez en vacances et c’est un cauchemar qui commence…. Tout le monde doit être sensibilisé à ce danger. »