Paris : Après la mort de Kelyan, le préfet de police se défend d’avoir engagé tardivement les recherches

ENQUETE Kelyan, un jeune autiste de 22 ans, a été retrouvé mort, quatre jours après sa disparition, dans un abri pour toxicomanes, à Stalingrad

Caroline Politi

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Le préfet de police, Didier Lallement, a écrit au maire du 19e arrondissement après la mort de Kelyan
Le préfet de police, Didier Lallement, a écrit au maire du 19e arrondissement après la mort de Kelyan — Thomas COEX / AFP

Sa mort a fait l’effet d’un électrochoc dans le quartier Stalingrad, à la lisière des 10e et 19e arrondissements de Paris. Dix jours après la découverte du corps sans vie de Kelyan Nsan-Nwet, un jeune autiste de 22 ans tué dans des conditions mystérieuses dans un abri de toxicomanes, le préfet de police de Paris, Didier Lallement, a tenu à répondre à ceux reprochant à ses équipes d’avoir tardé à rechercher le jeune homme, porté disparu depuis le 5 juillet.

« Je tenais à porter à votre connaissance l’action engagée par mes services qui se sont mobilisés dès le signalement » de sa disparition, a écrit, lundi, le préfet dans une lettre adressée au maire du 19e arrondissement, François Dagnaud et que 20 Minutes a pu consulter. Sur les réseaux sociaux, l’édile avait tweeté ou retweeté plusieurs messages s’émouvant du manque de réactivité des autorités lors de la disparition de Keylan. « Mourir à 22 ans est toujours un scandale. Plus encore quand on a le sentiment que la victime vulnérable aurait pu être mieux protégée. Plus jamais ça ! », a notamment déclaré l’élu après la marche blanche organisée ce week-end.

« La procédure a été initiée sans délai »

François Dagnaud a, à cette occasion, affirmé qu’il soutiendrait à la rentrée, au conseil d’arrondissement du 19e, un vœu pour que les recherches des personnes handicapées portées disparues soient conduites sans délai, comme c’est le cas pour un mineur. Des proches de la victime estiment, en effet, que les autorités se sont retranchées derrière sa majorité pour ne pas engager immédiatement des recherches, mettant de côté son handicap. « Ils n’ont voulu rien faire. Kelyan a été retrouvé grâce à sa famille et son quartier », a notamment déclaré sa mère Félicité Nsan-Nwet – qui travaille elle-même à la préfecture de police de Paris – au micro de France 3 Ile-de-France.

Faux, rétorque le préfet. Dans sa missive, il détaille notamment les différentes recherches engagées pour tenter de retrouver le jeune autiste : sollicitation le jour du signalement des hôpitaux et services de secours, diffusion d’une fiche de recherche avec sa photo, exploitation des caméras de vidéosurveillance, recueil des témoignages… « Vous constaterez que la procédure a été initiée sans délai, et que tous les moyens de recherches ont été exploités scrupuleusement par les fonctionnaires de police », insiste Didier Lallement. Les recherches, précise le haut fonctionnaire, se sont poursuivies jusqu’à la découverte du corps de la victime, le 9 juillet.

Information judiciaire pour homicide volontaire

Un homme de 21 ans, dont tout indique dans le comportement qu’il est accro au crack, a été mis en examen, dimanche, pour «homicide volontaire» et placé en détention. Le parquet de Paris a annoncé en parallèle qu’une information judiciaire avait été ouverte ce chef.

Les expertises toxicologiques et anatomopathologiques, ordonnées pour déterminer la cause du décès, n’ont pas été dévoilées. Les investigations, confiées à la police judiciaire, avaient initialement été ouvertes pour « recherches des causes de la mort », le corps du jeune homme ne présentant pas de signes manifestes d’un possible homicide.