Coronavirus : L’Académie de médecine réticente sur l’isolement obligatoire des malades

CORONAVIRUS L’Académie de médecine craint que cette disposition soit « mal acceptée par nos concitoyens »

20 Minutes avec AFP
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Un test PCR nasopharyngé, à Nice. (illustration)
Un test PCR nasopharyngé, à Nice. (illustration) — SYSPEO/SIPA

L’Académie nationale de médecine met en garde ce lundi contre le fait de rendre obligatoire l’isolement des personnes contaminées par le coronavirus, comme le prévoit le gouvernement, estimant que cela pourrait inciter à « contourner les procédures de dépistage ».

L’avant-projet de loi transmis au Conseil d’Etat prévoit que « la communication (…) du résultat d’un examen (…) concluant à une contamination par la Covid-19 » entraîne « de plein droit la mesure de placement et de maintien en isolement (…) pour une durée de dix jours dans le lieu d’hébergement (…) déclaré lors de l’examen », cite l’Académie. Cette mesure a été validée par le Conseil d’Etat, à condition que les contrôles n’aient pas lieu au-delà de 21 heures, selon des sources gouvernementales.

Cette disposition pourrait « être mal acceptée par nos concitoyens »

Aujourd’hui, pour les personnes sur le territoire français, l’isolement se fait « sur la base du volontariat », avec « accompagnement sanitaire à domicile par un infirmier », rappelle l’Académie.

Ce dispositif n’a qu’une « faible efficacité, nombre de personnes contaminées n’acceptant pas de se soumettre à cette contrainte » et le rendre obligatoire aurait donc « un effet bénéfique pour freiner la transmission du Sars-CoV-2 », reconnaît-elle. Mais la mesure nécessiterait des moyens pour réaliser « des contrôles aléatoires effectués par les forces de police ou de gendarmerie » et cette disposition pourrait « être mal acceptée par nos concitoyens », fait valoir l’instance.

Risque de contournement des procédures de dépistage

De plus, « la crainte de devoir se soumettre à un isolement obligatoire sous peine de sanction inciterait de nombreuses personnes à contourner les procédures de dépistage » entraînant une inscription dans la base de données numérique Sidep, ajoute-t-elle.

Aussi, l’Académie de médecine recommande plutôt « d’amplifier l’information sur le principe de l’isolement volontaire et sur les capacités d’hébergement des personnes ne pouvant s’isoler à domicile » et « d’inciter toutes les personnes dépistées positives à s’auto-isoler pendant dix jours en leur rappelant le risque de contamination auquel elles exposent leur entourage ».