Paca : « Un retard qui s’accumule » dans la construction de logements sociaux

HABITATIONS Les bailleurs sociaux peinent à trouver de nouveaux terrains alors que les opérations de rénovation de l'ancien sont onéreuses

Alexandre Vella
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Construction de logements. (illustration)
Construction de logements. (illustration) — S.Salom-Gomis/Sipa
  • Le nombre de permis de construire délivrés par les mairies est en baisse de 40 % depuis le début de l’année après une chute de 9 % enregistrée en 2020
  • Le foncier est très cher et il y a la concurrence des promoteurs privés qui peuvent faire des offres 60 % supérieures à ce que proposent les bailleurs sociaux
  • Les actions de rénovation dans les centres anciens sont longues à mettre en place, coûteuses et insuffisantes en quantité

Les bailleurs sociaux de la région Paca, ne tiendront pas leur objectif de constructions pour la seconde année consécutive. Alors qu’ils devraient livrer près de 12.000 logements pour atteindre leur but, les prévisions sur l’année en cours font état de 7.500 constructions. Une dynamique identique à celle de 2020, année pendant laquelle 7.300 logements seulement avaient pu être réalisés.

Chute des permis de construire et rareté des terrains

« C’est un retard qui s’accumule », a alerté Pascal Gallard, directeur de l’association régionale des organismes HLM, structure qui regroupe l’ensemble des bailleurs sociaux. « Nous avons huit années de demandes en stock, soit 180.000 personnes, quand la moyenne nationale s’élève à quatre. Mais attention, ces gens ne sont pas à la rue pour autant, ce sont pour beaucoup des demandes de changement de logement », tempère-t-il.

En cause, la difficulté d’obtenir du foncier de disponible pour réaliser ces chantiers. « Le nombre de permis de construire délivrés par les mairies est en baisse de 40 % depuis le début de l’année après une chute de 9 % enregistrée en 2020 », détaille Pascal Friquet, le président de l’association. « Bien des maires ont été élus sur des programmes qui prévoient 0 % d’artificialisation des sols. C’est louable et respectable si l’on nous donne les moyens de construire la ville dans la ville pour atteindre nos objectifs. Or, ce n’est pas le cas », regrette Pascal Friquet.

La concurrence du privé

Les bailleurs sociaux sont également confrontés à un problème bien connu dans la région : le coût des terrains. « Le foncier est très cher et il y a la concurrence des promoteurs privés qui peuvent faire des offres 60 % supérieures à ce que l’on peut se permettre », poursuit-il. Dans ces conditions, on pourrait imaginer que les organismes logeurs se rabattent sur des opérations de rénovations des centres anciens, souvent vétustes. Mais ces opérations prennent beaucoup de temps à préparer, cela d’autant plus que les propriétaires sont éparpillés.

Très chères rénovations

Difficile d’acheter des immeubles entiers. Et quand bien même cela advient, les bailleurs sociaux sont confrontés à une logique de coûts et de normes. « Construire neuf, c’est environ 1.400 euros du m², contre près de 2.000 euros du m² en rénovation. On nous demande aussi de rénover avec des exigences, en termes d’accessibilité et d’isolement, identiques à des constructions neuves », explique Pascal Friquet. Des opérations se montent, comme à Nice, où pour modérer les frais, les bailleurs sociaux ont fait une surélévation de deux étages de l’immeuble déjà existant avec des logements destinés au secteur privé. Des programmes qui se jouent sur un temps très long et dans des quantités pas suffisantes. « Il vient de se terminer et nous l’avons initié il y a huit ans ».

En Paca, 11 à 12 % de logement sont à vocation sociale. « Il faudrait 20.000 constructions par an, pendant dix ans pour répondre à la demande », conclut le président de l’association régionale des organismes HLM.