Bretagne : Le tourisme à vélo devrait encore être le tube de l’été

A BICYCLETTE Le tourisme à vélo prend de l’ampleur depuis plusieurs années dans la région et la crise sanitaire a encore renforcé cette tendance

Jérôme Gicquel
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Depuis le début de la crise sanitaire, les chemins de halage sont pris d'assaut par les cyclistes, comme ici le long du canal d'Ille-et-Rance.
Depuis le début de la crise sanitaire, les chemins de halage sont pris d'assaut par les cyclistes, comme ici le long du canal d'Ille-et-Rance. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • Comme l’été dernier, de nombreux touristes vont voyager en Bretagne à vélo cette année.
  • La région profite à fond de ce tourisme durable qui a connu un coup d’accélérateur avec la crise sanitaire.
  • Dans le sillage de ces cyclistes, de nombreux services se sont développés dans la région.

Les quatre premières étapes du Tour de France ont prouvé, s’il le fallait encore, que la Bretagne était dingue de vélo. Au pays de Bernard Hinault et de David Gaudu, les touristes sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à découvrir les charmes de la région à bicyclette. Le « slow tourism » avait déjà lancé le mouvement il y a quelques années. La crise sanitaire n’a depuis fait que renforcer cette tendance.

Avec son cadre idyllique, entre terre et mer, et ses 2.000 kilomètres de voies cyclables, la Bretagne en a bien sûr tiré profit. Si 2020 a été une année noire pour le tourisme, les véloroutes et les voies vertes ont, elles, vu leur fréquentation augmenter de 8 % dans la région, avec une hausse de 23 % en juillet et août. « Les gens avaient envie d’évasion, de sport et de nature l’été dernier et la Bretagne, en tant que valeur refuge, en a profité », souligne Anne Gallo, vice-présidente de la région chargée du tourisme.

L’essor du tourisme à vélo profite à de nouveaux territoires

La menace du Covid fragilisant toujours la saison touristique, il y a fort à parier qu’il en sera encore de même cet été. « Cela a déjà commencé en juin avec l’effet Tour de France et on s’attend encore à avoir une forte fréquentation cet été », assure l’élue. Bon pour l’économie, ce boom du cyclotourisme permet aussi d’irriguer des territoires qui étaient peu prisés jusqu’à présent par les touristes. « L’un des objectifs du schéma régional est d’ailleurs de favoriser le tourisme hors littoral », indique Anne Gallo.

Une cycliste sur le chemin de halage à hauteur de l'écluse de Cicé, près de Rennes.
Une cycliste sur le chemin de halage à hauteur de l'écluse de Cicé, près de Rennes. - C. Allain / 20 Minutes

Une stratégie qui semble porter ses fruits à en juger par le nombre de cyclistes qui arpentent chaque jour les chemins de halage aux quatre coins de la Bretagne. Bon nombre d’entre eux sont d’ailleurs des néophytes, comme Laurine et Nathan, 27 ans tous les deux. Partis de Rennes jeudi matin, ils espèrent rejoindre Saint-Malo ce vendredi soir en longeant le canal d’Ille-et-Rance. « On va pouvoir profiter des paysages et du calme comme ça », souligne la jeune femme. A mi-chemin, ils s’arrêteront pour une nuit bien méritée au bord de l’eau dans une péniche à Saint-Domineuc.

De nouveaux services voient le jour

Dans le sillage de ces cyclistes, de nombreux services se sont en effet développés dans la région avec de l’hébergement, de la restauration ainsi que de la location et de la réparation de vélos. A Rennes, Emilie Touchais propose quant à elle depuis le printemps des visites insolites sur des vélos classiques ou électriques. « Je suis moi-même cycliste et je trouve que la ville se prête plutôt bien à des balades à vélo », souligne la co-fondatrice de l’agence Oh ! Détour.

Chaque semaine, elle accompagne ainsi des clients, toujours plus nombreux, pour des visites de deux à trois heures dans la capitale bretonne. « Il y a des touristes qui ne connaissent pas du tout la ville et veulent la découvrir d’une autre façon mais aussi des gens qui viennent tout juste de débarquer à Rennes », indique la jeune femme, ravie que le vélo soit « vraiment redevenu populaire ». En Bretagne, « fille aînée du cyclisme », on n’a donc pas fini de pédaler.