Club de vacances : « Troupeau de beaufs », « discothèque sous la fenêtre », « cafards au sol »… Ils racontent leurs expériences les plus pourries

DARLADIRLADADA (3/4) Les clubs de vacances ont rouvert, pour le plus grand plaisir des vacanciers. Mais ils ne sont pas à l’abri de mauvaises surprises…

Delphine Bancaud

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Une plage...assez décevante.
Une plage...assez décevante. — Pixabay
  • 20 Minutes a sollicité ses lecteurs pour qu’ils racontent leurs aventures en club de vacances.
  • Le troisième volet de notre série est consacré aux séjours en club les plus décevants.
  • De la situation de l’hôtel en passant par la nourriture ou la saleté, voici un florilège des déconvenues les plus cuisantes.

Des cafards dans la chambre, des activités d’une maison de retraite, des animateurs sans aucun charisme, des vacanciers super beaufs, la nourriture infecte… Voilà quelques-unes des mauvaises surprises que l’on peut avoir lorsque l’on part en club de vacances. Même si heureusement, c’est assez rare, comme l’explique Christophe Fuss, directeur général adjoint Tui France, qui détient les clubs Marmara et Lookéa : « L’offre de clubs s’est beaucoup rationalisée ces dernières années, et les déconvenues sont peu fréquentes. Car à l’heure des réseaux sociaux, l’exigence des vacanciers n’a jamais été aussi élevée et les clubs n’ont pas droit à l’erreur ».

Il n’empêche que pour certains vacanciers, qui rêvaient de palmiers et d’évasion, la découverte du club a été une vraie douche froide. Première déconvenue pour certains : l’emplacement, comme en témoigne Babeth. A son arrivée en Tunisie il y a quelques années, elle n’a pas pu poser ses valises dans l’hôtel-club prévu, qui était en travaux, et s’est vue conduire dans une résidence soi-disant équivalente… « Le club était en face de la sortie de l’aéroport. La déception ! Bonjour le bruit ! Et certaines chambres avaient vu sur le parking de l’aéroport ». Marjorie, elle, s’attendait à voir l’une des sept merveilles du monde à Rhodes, mais l’extase n’était pas vraiment au rendez-vous ! « Le club était situé en dessous d’un couloir aérien », se souvient-elle en riant jaune.

« On a eu droit aux punaises de lit »

Pour ceux qui, comme Baudelaire, pensaient que tout serait « luxe, calme et volupté », l’invitation au voyage s’est plutôt résumée à « saleté, bruit et vétusté »Sylvia n’oubliera jamais sa chambre à Malaga dans un hôtel 4 étoiles : « Impossible de dormir avec la discothèque sous ma fenêtre ». Nadia, qui avait acheté un séjour à Lanzarote (Espagne), est aussi tombée de haut : « C’était une cata. Tout était vieux, des transats étaient cassés et il y avait des mouches partout ». Idem pour Michèle, dans un club de Cuba : « On a eu droit aux punaises de lit, à un accès à la plage délabré, voire dangereux ».

Charlotte aussi a connu une expérience malheureuse au Maroc : « Il a plu dix jours, les égouts sont remontés, on a vécu avec une odeur de latrines tout le temps. Mes enfants pleuraient car cela puait. Et le jour de notre départ, évidemment, grand soleil ». Babeth, elle, s’est fait de nouveaux amis… à six pattes : « En regardant bien dans les recoins, on a découvert des cafards. Et dans la salle de bains, ils ne se cachaient même pas ! » Jo, qui a réservé un club de vacances à Gréoux-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence), a aussi déchanté : « On nous a fait patienter 3 heures pour récupérer notre logement. On a fini par avoir le bungalow vers 21h, après un nettoyage plus que sommaire : des serviettes sales abandonnées, des chaises cassées… Bref, un très mauvais démarrage ! Heureusement que l’hôtel nous a dédommagés pour tout cela ».

Nuggets et spaghettis au buffet

Des récits qui n’étonnent pas Didier Arino, le directeur du cabinet de conseil Protourisme : « Concernant les clubs, les reproches les plus fréquents sont la vétusté de certains établissements, le manque de confort de la literie, l’absence de séparation entre la chambre des enfants et celles des parents et le rapport qualité prix ». « La sécurité et la propreté sont les premiers critères de qualité recherchés par les clients. S’ils font défaut, les réactions sont vives » , renchérit Christophe Fuss.

La qualité des repas et des boissons servis laisse aussi parfois à désirer. Et Babeth est restée sur sa faim : « Les repas servis en buffet étaient toujours les mêmes, à la même place, mais absolument rien de local : nuggets, spaghettis, riz, pâtes, poulet, omelette…. Nous sommes allés manger en extérieur très très souvent du coup ». Michèle, elle, n’a pas du tout goûté l’absence « de Mojito à l’apéro et de vin aux repas ». Des vacances à l’eau et basta !

« Nous nous sommes retrouvés coincés au milieu d’un troupeau de beaufs »

Alors que certains avaient choisi des vacances en clubs pour bénéficier d’une ambiance conviviale, faire de belles rencontres et participer à des activités ludiques ou sportives, c’est l’ennui qui les attendait.  « Hormis la pétanque et volley-ball, il n’y avait rien. Et personne ne se baignait dans la piscine extérieure, car l’eau était très froide. Quant au minigolf, il était dans un état déplorable », raconte Babeth. Gonelle, qui s’était offert un club à Trégunc (Finistère) puis à Hauteville-sur-Mer (Manche) pour varier les plaisirs, a largement regretté d’avoir cassé sa tirelire : « Nous avons été considérés comme des pensionnaires d’Ephad : aucune animation, juste un minigolf ayant bien vécu, pas de piscine, un terrain de tennis envahi par les mauvaises herbes… », énumère-t-il.

Quant aux animateurs, s’ils sont généralement très professionnels, on peut avoir quelques mauvaises surprises. Ce fut le cas pour Dalila, qui sait ce que signifie la honte : « Le responsable d’un club en Grèce m’a attrapée à l’entrée du restaurant et m’a enveloppée dans un drap blanc pour jouer la statue grecque, entourée de grappes de raisins pendant que les autres bâfraient. J’avais pourtant payé mon séjour ! » , rit-elle aujourd’hui.

« J’ai eu honte d’être assimilé à cette catégorie de touristes »

Quant à ceux qui partaient pour se faire de nouveaux potes, ils sont parfois rentrés en détestant une partie de l’humanité. Comme Alexandre après son séjour dans un club en Turquie : « Nous nous sommes retrouvés coincés au milieu d’un troupeau de beaufs, dont la seule activité consistait à manger et boire le plus possible. Nous avons vu des enfants emplir des assiettes gigantesques pour nourrir les chats errants qui avaient élu domicile dans les jardins du complexe hôtelier, sous le regard béat des parents. Les mêmes parents en mode "pays conquis" qui tutoyaient le personnel (Hep, y reste des frites, mec ?), avec un mépris incroyable. Nous avons fini par louer une voiture et avons quitté l’hôtel pendant 3 jours pour visiter le pays. J’ai eu véritablement honte d’être assimilé par les locaux à cette catégorie de touristes ».

Un témoignage qui résonne avec une tendance qu’a pu constater Didier Arino : « La promiscuité est parfois dure à supporter. Car la mixité sociale dans les clubs de catégorie intermédiaire ne fonctionne pas toujours bien ».