Pays basque : Une marche de 31 km pour deux ex-membres d’ETA détenus depuis 31 ans

MOBILISATION Parot et Esnal avaient été arrêtés et incarcérés en 1990 puis condamnés en 1997 à la réclusion criminelle à perpétuité aux côtés d'autres membres d'un commando d'ETA

20 Minutes avec AFP
— 
Environ 2.000 personnes ont formé une chaîne humaine à Bayonne en faveur des prisonniers basques
Environ 2.000 personnes ont formé une chaîne humaine à Bayonne en faveur des prisonniers basques — Iroz Gaizka / AFP

Pour dénoncer les 31 années d’incarcération de deux prisonniers basques en France, Jon Parot et Jakes Esnal, Plusieurs centaines de militants basques ont participé, ce samedi, en relais pour certains, à une marche de 31 kilomètres entre Bayonne et Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques).

Quelque 500 personnes ont participé à cette marche, selon les organisateurs, qui s’inscrit dans le combat pacifique que mènent depuis des années les organisations Bake Bidea et Artisans de la paix, en faveur de la libération des plus anciens détenus basques, militants de l'ex-organisation séparatiste ETA.

« Acharnement judiciaire »

Parot et Esnal avaient été arrêtés et incarcérés en 1990 puis condamnés en 1997 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 18 ans, aux côtés d’autres membres d’un commando d’ETA comme Frédéric « Xistor » Haramboure. Ce dernier a bénéficié le 24 novembre, après 30 ans de détention, d’une « autorisation de détention à domicile sous bracelet électronique » et a pu rentrer chez lui, à Saint-Pée-sur-Nivelle (Pyrénées-Atlantiques).

« Après Xistor, on a tous espéré des audiences plus rapides pour étudier les demandes de libération conditionnelle de Jakes et Ion, mais c’est le statu quo », a indiqué Anaiz Funosas, porte-parole de Bake Bidea. Parot a déposé une nouvelle demande en août tandis qu’Esnal s’est pourvu en cassation après que la chambre de l’application des peines a rejeté en septembre sa demande de libération conditionnelle. « Ils ont 70 ans, ils ont passé 31 ans en prison pour des faits commis sur le territoire espagnol et s’ils avaient été incarcérés en Espagne, ils seraient libres à l’heure actuelle », s’insurge Anaiz Funosas, qui pointe un « acharnement judiciaire ».

« On est en train de jouer avec ces hommes-là »

« Le gouvernement (français) fait de ces deux hommes un point de blocage alors que ça devrait être un point de bascule. Comment justifier que Xistor soit sous libération conditionnelle et pas les autres ? », s’interroge-t-elle. Dans l’ensemble, les organisateurs de la marche ont l’impression « qu’on est en train de jouer avec ces hommes-là ».

Après un départ de Bayonne, le défilé a traversé Anglet, Biarritz, Bidart, Guéthary pour arriver à Saint-Jean-de-Luz où une prise de parole en soutien aux prisonniers basques a eu lieu devant environ 600 personnes, selon les organisateurs. Une trentaine d’anciens membres d’ETA, qui a annoncé sa dissolution en 2018 après 60 années d’existence, dont quatre décennies de lutte armée en France et en Espagne, sont actuellement incarcérés en France.