Vendée : Un projet pionnier pour traiter les eaux usées à des fins domestiques

ENVIRONNEMENT Le département de la Vendée a annoncé ce vendredi le lancement d’un projet, inédit en Europe, d’utilisation d’eaux usées traitées à des fins domestiques

David Phelippeau
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Une station d'épuration. (illustration)
Une station d'épuration. (illustration) — FREDERICK FLORIN / AFP
  • La Vendée se lance dans un projet, inédit en Europe, d’utilisation d’eaux usées traitées à des fins domestiques, qui commencera par de longs mois d’expérimentation.
  • Ce programme nécessite la construction en 2022 d’une unité d’affinage qui expérimentera pendant toute l’année 2023 la production d’eau « de très haute qualité » à partir d’eaux usées.
  • Ce projet coûtera 19,5 millions d’euros sur 10 ans, selon Vendée Eau, qui promet que la facture du consommateur n’augmentera pas.

La Vendée à la pointe. Le département confronté à de fortes tensions sur sa ressource en eau, a annoncé ce vendredi le lancement d’un projet, inédit en Europe, d’utilisation d’eaux usées traitées à des fins domestiques, qui commencera par de longs mois d’expérimentation. Le syndicat Vendée Eau et Veolia ont signé un contrat pour ce programme baptisé « Jourdain », comprenant la construction en 2022 d’une unité d’affinage qui expérimentera pendant toute l’année 2023 la production d’eau « de très haute qualité » à partir d’eaux usées.

Cette eau sera, à partir de 2024, rejetée dans le milieu naturel, puis retraitée pour approvisionner les territoires vendéens en eau potable. La Vendée dépend aujourd’hui à 90 % des eaux de surface, très sensibles au changement climatique, et que le territoire, sous pression démographique et touristique, essaie de diversifier : chasse au gaspillage, travaux sur les canalisations, interconnexions… Dans l’impossibilité de multiplier les retenues, elle porte depuis 2011 le projet de « REUT », le recours aux eaux usées traitées.

« Un projet visionnaire mais aussi responsable »

Pour Jacky Dallet, président de Vendée Eau, « il faut être audacieux ». « Il en va du développement et de la vie sur notre territoire », souligne-t-il, ajoutant que « de nombreuses collectivités observent le déroulement de ce projet, avec l’espoir que demain la Vendée apporte une réponse à leurs défis d’eau potable ». « L’eau est trop précieuse pour n’être utilisée qu’une fois », plaide le PDG de Veolia, Antoine Frérot, évoquant « une première en France et en Europe ». « Un projet visionnaire mais aussi responsable : pendant douze mois, il fonctionnera à blanc, permettant de s’assurer des performances de traitement ».

L’eau venue de la station d’épuration des Sables d’Olonne passe par deux étapes de filtration, puis deux étapes de désinfection. Elle est ensuite acheminée sur 25 km vers le barrage du Jaunay, rejetée dans une zone végétalisée où elle se mélange à la rivière et transite vers la retenue et l’usine de production d’eau potable, desservant l’ouest de la Vendée (100.000 foyers, deux à trois fois plus l’été).

Coût du projet : 19,5 millions d’euros sur 10 ans, selon Vendée Eau, qui promet que la facture du consommateur n’augmentera pas. En France, 0,6 % des eaux usées sont recyclées, surtout dans l’irrigation agricole, voire pour arroser des golfs et espaces verts. Mondialement, c’est environ 4 %, surtout à des fins agricoles (Israël, Espagne…), plus rarement domestiques (Australie, Namibie, Singapour).