Rennes : La rentrée en Staps menacée par le manque d’enseignants

UNIVERSITE Les enseignants de la filière Staps souhaitent dénoncer un manque de personnel à l’université Rennes 2 et abandonnent leurs tâches administratives

C.A.
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Le campus de la Harpe accueille les étudiants en Staps de l'université Rennes 2.
Le campus de la Harpe accueille les étudiants en Staps de l'université Rennes 2. — C. Allain / 20 Minutes
  • Ces enseignants en Staps voient chaque année les effectifs s’étoffer et réclament davantage de moyens pour les encadrer.
  • Environ 2.500 étudiants sont inscrits dans la filière, ce qui en fait l’une des plus importantes de France.
  • « A ce jour, aucun emploi du temps n’est prêt pour la rentrée prochaine […]. L’absence de réponse du rectorat condamne chaque jour un peu plus le déroulement de la rentrée », indiquent les enseignants de Staps dans un communiqué.

C’est l’une des sections les plus importantes de France. A l’université Rennes 2, les enseignants de Staps n’en peuvent plus. Débordés, ils réclament davantage de personnel pour encadrer les quelque 2.500 étudiants qui fréquentent leur filière sportive. Pour se faire entendre, ils viennent d’annoncer l’abandon de toutes leurs missions administratives, mettant en péril la prochaine rentrée scolaire​.

Dans un communiqué, ils justifient leur ras-le-bol. « Voilà dix années que l’UFR Staps [Sciences et techniques des activités physiques et sportives] de Rennes 2 augmente ses capacités d’accueil sur la demande du rectorat, sans que cela soit accompagné des moyens correspondants. » Et d'ajouter: « Nous sommes dans l’incapacité matérielle et humaine d’accueillir davantage d’étudiants. Nous demandons le rattrapage de ce déséquilibre qui s’est formé ces dernières années. »



Pour asseoir leur argumentaire, les enseignants mobilisés usent de chiffres, évoquant notamment un taux d’encadrement d’un enseignant pour 44 étudiants. Ils déplorent « la multiplication des signalements à la médecine du travail, des situations de surmenage et des arrêts maladie ». Une situation qui engendre, de fait, une surcharge de travail pour le personnel présent. En 2018, un mouvement de grève avait déjà frappé la filière, qui souffrait des mêmes symptômes.

Pour protester, les enseignants assumant des responsabilités pédagogiques ont décidé d’abandonner leurs tâches administratives, mettant en péril le bon déroulé de la rentrée de septembre. « A ce jour, aucun emploi du temps n’est prêt pour la rentrée prochaine alors qu’ils devraient l’être depuis plusieurs semaines. L’absence de réponse du rectorat condamne chaque jour un peu plus le déroulement de la rentrée », préviennent-ils. Des discussions sont en cours avec le rectorat.

L’annonce de la création de 14.000 places supplémentaires dans des filières en tension par la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal fait craindre une explosion des effectifs en Staps.