Ille-et-Vilaine : Les grands projets routiers abandonnés… Au profit du vélo ?

MOBILITES L’accord signé entre les socialistes et les écologistes a entériné l’abandon des contournements de Vitré, Fougères et Châteaubourg

Camille Allain

— 

Illustration du chantier de 2x2 voies entre Rennes et Redon.
Illustration du chantier de 2x2 voies entre Rennes et Redon. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes
  • L’accord politique entre les socialistes et les écologistes au conseil départemental d’Ille-et-Vilaine a débouché sur l’abandon de trois grands projets routiers.
  • Ces projets de contournement concernaient Vitré, Fougères et Châteaubourg, trois territoires aux mains de la droite.
  • L’abandon des investissements devrait permettre d’accélérer le développement du plan vélo.

Il n’a pas apprécié d’être autant critiqué. Mais fallait-il attendre autre chose de la part de l’opposition départementale ? Très remontés après l’annonce de l’abandon de plusieurs projets de contournements à Vitré, Fougères et Châteaubourg, les élus de la droite ont largement critiqué le choix du président du conseil départemental d’Ille-et-Vilaine Jean-Luc Chenut d’abandonner ces chantiers routiers. La raison de ce choix soudain est politique. Fragilisé lors des élections départementales, le président sortant a noué un accord entre sa majorité socialiste et les écologistes, sortis gagnants dans plusieurs cantons de Rennes.

Cet accord a de fait enterré plusieurs dossiers importants du conseil départemental. Dans les cartons depuis plusieurs années, les projets de contournements routiers de Fougères, Vitré et Châteaubourg sont donc abandonnés. « Ça ne veut pas dire qu’on ne fera rien. Nous ferons autre chose », promet Jean-Luc Chenut. Mais quoi ? Impossible de savoir. « Il faut repartir de l’analyse des besoins, élaborer un nouveau cahier des charges ». Peut-on encore parler de contournement ? « Je ne peux pas présager des réponses techniques ». On n’en saura pas plus.

« Pour chaque projet, il faut avoir une évaluation globale »

A Vitré, le dossier de contournement était de toute façon dans l’impasse, notamment en raison de la présence d’un point de captage d’eau. « Notre priorité doit être celle de la lutte contre le réchauffement climatique. Pour chaque projet, il faut avoir une évaluation globale. Quel gain de temps ? Quel impact sur le foncier, sur le développement économique ou sur les zones humides. A l’échelle de ces grands projets structurants une ou deux années de plus ne sont pas significatives », poursuit le président réélu. Le socialiste espère « stabiliser une méthode et un processus avant l’été 2022 ».

La mise au placard de ces trois projets routiers pourrait profiter au grand plan vélo annoncé l’an dernier par l’ancienne majorité. Car les économies sont conséquentes. A Vitré, les premières estimations du projet de contournement flirtaient avec les 40 millions d’euros, soit plus de la moitié du plan vélo. « Comme nous aurons moins d’investissements, nous allons pouvoir accélérer la réalisation de notre plan vélo », promet la majorité socialiste. Des agents qui travaillaient sur les contournements routiers seront vraisemblablement affectés à cet autre dossier de mobilités.

Certains aménagements de ce plan sont déjà actés comme la liaison douce entre Saint-Malo et Dinard, qui engloutira à elle seule six millions d’euros pour franchir le barrage de la Rance en toute sécurité. Ou encore des itinéraires depuis les communes périphériques avec Rennes comme Châteaugiron, Melesse, la Mézière ou Liffré. Vingt-deux des 70 millions qui y sont consacrés attendent toujours de trouver preneur.