Loire-Atlantique : Ils veulent casser les clichés sur la production de tomates sous serres

LEGUMES Le groupe Cheminant, à Carquefou, près de Nantes, produit sous serres, principalement des tomates et des concombres

David Phelippeau
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Antoine Cheminant, dirigeant du groupe Cheminant à Carquefou.
Antoine Cheminant, dirigeant du groupe Cheminant à Carquefou. — D.P. / 20 minutes
  • L’association d’organisations de producteurs nationale « Tomates et Concombres de France » veut casser les clichés sur la production sous serres.
  • Reportage chez la famille Cheminant, des maraîchers de Carquefou, à côté de Nantes en Loire-Atlantique.

« On souhaite un changement de perception des consommateurs et combattre beaucoup d’idées reçues. » Le chemin est long à entendre Nadège Bottazzo, responsable communication pour l’AOPn, l’association d’organisations de producteurs nationale « Tomates et Concombres de France » rassemblant plus de 1.000 producteurs sur toute la France.  Le groupe Cheminant, à Carquefou, près de Nantes, en fait partie. Sur les 11 hectares de serres, Antoine, 25 ans, (accompagné de son père et de sa sœur), produit 3.000 tonnes de tomates par an et entre 4.000 et 4.500 tonnes de concombres sur une année. L’entreprise familiale (sur 13 générations), avec ses 85 salariés à temps plein et ses près de 9 millions de chiffres d’affaires, contribue grandement à faire du bassin nantais, un des premiers en termes de production dans l’Ouest pour les tomates et le premier au niveau national pour les concombres.

Depuis 2019, la société carquefolienne, membre de la coopérative de maraîchage industrielle Océane, participe à un programme dans le but de casser les clichés qui collent aux tomates produites sous serres. Son nom ? Cute signifiant cultivating the taste of Europe (Cultivons le goût d’Europe), opération subventionnée par la Communauté européenne. « On veut promouvoir le mode de production sous serres en France, explique Nadège Bottazzo. De par son aspect extérieur, la culture en serres peut donner une image très industrielle, mais ce n’est pas le cas du tout. En plus de l’implantation de haies et l’utilisation de moutons en lieu et place de tondeuses électriques à l’extérieur des serres, il y a vraie démarche de production sans pesticide ou en zéro résidu de pesticide. »

Beaucoup d'avantages avec la production hors-sol

A Carquefou, Antoine Cheminant « recrée une véritable biodiversité » dans ses immenses serres pour éviter d'utiliser des produits phytosanitaires. Avec par exemple, la PBI, c’est-à-dire la protection biologique intégrée. Des insectes, appelés auxiliaires de culture, sont insérés dans les serres pour lutter contre les ravageurs et les nuisibles. Pour autant, la production sous serres n’est pas considérée comme bio… Seul manque le lien avec le sol pour obtenir le label. Au grand dam de ses représentants à qui l’on reproche aussi l’utilisation de led et chauffage pour aider au développement des plants de légumes.

Antoine défend la culture sous-serres avec beaucoup de conviction et invite même les gens à venir voir sur place : « En cultivant hors-sol, on maîtrise encore mieux l’apport en nutriments et en eaux des plants, insiste-t-il. Avec ce système, on s’affranchit aussi des maladies du sol, qui sont nombreuses, et des aléas climatiques, c’est-à-dire de la pluie, du gel et du vent. Ce qui donne au final un produit sain et qualitatif. » Dépendant forcément de l’ensoleillement. « Le goût d’une tomate dépend de la variété, mais aussi de la quantité de lumière qu’absorbe la plante. » Une donnée difficile à maîtriser. Avec le manque de soleil depuis plusieurs semaines dans l'Ouest, Antoine Cheminant évalue «une diminution de sa production de près de 30 %» et des conséquences négatives sur le rendement de septembre.

Ce qu’il ne faut (absolument) pas faire avec des tomates

Quelques petits conseils pour déguster de bonnes tomates. « Ne jamais les mettre au frigo car ça casse le goût, recommande Antoine Cheminant. On peut les découper et les mettre au frigo juste avant de les servir pour qu’elles soient plus fraîches en revanche. » Autre conseil : ne jamais dégrapper les tomates lorsqu’on en achète dans un magasin par exemple car « ce légume arrête de s’alimenter lorsqu’il est détaché de la rafle ».