Marseille : Les « Après M » se lancent dans un tour d’Europe pour remobiliser après le rachat du McDo par la ville

SOLIDARITE Pour l’équipe, le rachat du McDonald’s qui doit être acté vendredi en conseil municipal est une étape importante qui ne signe pas la fin des tracas

Caroline Delabroy
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L'Après-M à Marseille
L'Après-M à Marseille — NICOLAS TUCAT / AFP
  • Le conseil municipal de Marseille vote vendredi sur le rachat du McDonald’s de Saint-Barthélémy, pour un budget de 600.000 euros.
  • « Ce n’est qu’un début, le projet continue ! », lance Fathi Bouaroua, membre de l’Après M, pour remobiliser l’adhésion citoyenne à ce projet qui englobe à la fois un restaurant et une plateforme solidaire.

EDIT : Le rachat par la ville de Marseille de l'ex-McDonald's a été voté en conseil municipal au terme de débats houleux et par 54 élus, tandis que 34 s'y sont opposés et 8 se sont abstenus.

Ils seront vendredi dans le public, pour ce dernier conseil municipal de Marseille avant l’été. Après tout un volet sur la réorganisation des services municipaux, l’assemblée doit en effet acter la procédure de rachat du McDonald’s de Saint-Barthélémy, dans les quartiers nord. Pour un budget de 600.000 euros, hors frais et taxe, comme s’y était engagé le maire Benoît Payan début juin. « Enfin, nous n’allons plus vivre avec l’épée de Damoclès d’une multinationale, nous allons être libérés d’un conflit potentiel, d’une expulsion manu militari », se réjouit Fathi Bouaroua, l’une des figures de l’Après M.

Ce haut lieu de lutte sociale contre le géant américain du burger avait pris une autre dimension encore avec le premier confinement : anciens salariés du McDo, bénévoles et habitants du quartier ont alors réquisitionné les lieux pour organiser l’aide alimentaire. Depuis, la plateforme solidaire ne s’est pas arrêtée, et le projet est né d’une « SCI du peuple » pour reprendre les murs de façon pérenne et lancer un « fast-social food ».

Tour d’Europe

Mais pour Fathi Bouaroua, le rachat du McDo par la ville ne sonne pas la fin de partie, bien au contraire. « La dynamique s’est très vite ralentie après cette annonce, le grand élan marseillais mais aussi national et international s’est vite arrêté, avec l’idée que l’affaire était réglée, poursuit Fathi Bouaroua. Or ce n’est qu’un début, le projet continue ! » L’équipe entame cet été un tour d’Europe qui va commencer par la Belgique et se terminer en octobre. Des étapes sont aussi prévues dans des villes françaises, comme Grenoble.

De fait, les 150.000 euros réunis jusqu’à présent restent insuffisants pour mener à bien le projet, qui englobe le lancement du fast-social food, avec au début 37 salariés, mais aussi l’aménagement sur le site d’un bâtiment où continuer l’entraide. « Si 25.000 personnes mettent 25 euros, nous auront les moyens de faire les travaux et de se lancer », indique Fathi Bouaroua. « On a surtout besoin que le projet reste un vrai projet citoyen », ajoute-t-il à l’intention de la nouvelle majorité municipale.

Autant dire que la prise parole attendue du maire sur le dossier sera écoutée avec attention par les Après M. « Probablement, il annoncera les modalités de la suite », anticipe Fathi Bouaroua qui, à défaut de pouvoir acquérir les lieux via une fondation, espère obtenir une assurance de pérenniser l’Après M. Via un long bail d’occupation par exemple.