Rave party de Redon : Une réunion entre ministres et plusieurs plaintes déposées après la destruction du matériel

TEUF Les participants et organisateurs se mobilisent après les heurts survenus lors de l’intervention des gendarmes

Camille Allain
Des gendarmes aux abords du site de la rave party de Redon organisée le 18 juin 2021.
Des gendarmes aux abords du site de la rave party de Redon organisée le 18 juin 2021. — Mathieu Pattier / SIPA
  • Une réunion doit se tenir ce mercredi à Paris en présence de plusieurs ministères au sujet de la gestion de la rave party de Redon.
  • Des collectifs de teufeurs annoncent leur intention de porter plainte après la destruction de matériel et les affrontements avec les gendarmes.
  • Une plainte devant la Cour européenne des droits de l’Homme va également être déposée.

La gestion de la rave party de Redon continue de faire parler. Ce mercredi, cet événement interdit qui s’était déroulé les 18 et 19 juin devrait même faire l’objet d’une réunion interministérielle, à en croire certains organisateurs.

Dans un communiqué diffusé mardi, le collectif Maskarade évoque une réunion « sous l’égide de l’Elysée » organisée à la demande de Technopol. La délégation devrait être composée de plusieurs collectifs comme la Coordination nationale des sons, de Techno +, de Technopol et de Freeform.

La gestion de l’événement interroge les participants

Dans la nuit du 18 au 19 juin, environ 1.500 personnes s’étaient réunies sur l’hippodrome de Redon (Ille-et-Vilaine) pour une soirée en hommage à Steve Maia Caniço, mort deux ans plus tôt en marge d’une charge policière lors de la Fête de la musique à Nantes. Toute la nuit, de violents heurts ont éclaté entre les participants et les forces de l’ordre, faisant plusieurs blessés de part et d’autre. Un Rennais âgé de 22 ans a eu la main arrachée dans des circonstances qui restent à éclaircir. Quatre personnes avaient été interpellées en marge de la dispersion.

Au-delà des blessés, c’est la gestion de l’événement qui interroge les participants. D’abord parce qu’une partie du matériel a été détruite par les gendarmes sans explication et en toute illégalité selon eux. Mais aussi parce que l’intervention des secours n’a visiblement pas été facilitée par la préfecture, que certains accusent d’avoir bloqué l’accès des pompiers, obligeant les blessés à se rendre à l’hôpital par leurs propres moyens. Ce que la préfecture a démenti.


D’autres plaintes après les violences

Le collectif Maskarade précise que « plusieurs dizaines de plaintes seront déposées, que ce soit par les artistes qui ont vu leurs instruments de musique détruits, par les propriétaires de matériel de sonorisation ou par des loueurs », après la destruction du matériel. Une plainte devant la Cour européenne des droits de l’Homme est également en cours de préparation.

L’association Freeform a également saisi l’IGGN (Inspection générale de la gendarmerie nationale) au sujet de la destruction du matériel et des violences subies lors de cette nuit d’affrontements. « Des plaintes vont également être déposées par des personnes blessées pour violences volontaires ou usage disproportionné de la force », précise le collectif de teufeurs.