Club de vacances : De l'amour en « une nuit étoilée » à leur « sœur de cœur », ils se souviennent de leurs plus belles rencontres

DARLADIRLADADA (2/4) Les clubs de vacances ont rouvert, pour le plus grand plaisir des vacanciers. L’occasion pour eux de se faire de nouveaux potes ou de connaître des frissons amoureux

Delphine Bancaud

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Les vacances au club sont l'occasion de faire de belles rencontres amicales ou amoureuses.
Les vacances au club sont l'occasion de faire de belles rencontres amicales ou amoureuses. — Pixabay
  • 20 Minutes a sollicité ses lecteurs pour qu’ils racontent leurs aventures en club de vacances.
  • Ce second volet de notre série est consacré aux belles rencontres des vacanciers, lors d’un match de foot sur la plage ou pendant un jeu apéro.
  • De jolies parenthèses qui peuvent se transformer en des amitiés pour la vie ou en CDI amoureux.

Formule tout inclus, avec parfois l’amitié ou l’amour en prime. Parce qu’on y vient pour se ressourcer, le cœur léger et l’esprit ouvert, le club de vacances est le lieu idéal pour faire de belles rencontres. Et après une longue période de sommeil due à la crise sanitaire, beaucoup de ces résidences du fun et du soleil ont rouvert cet été, laissant présager aux estivants de fortes émotions. « Les vacanciers partant en club le font car ils ont envie de côtoyer du monde, de faire la fête, notamment les célibataires, les familles monoparentales, les jeunes… », analyse Michel Proriol, ancien GO et auteur de Si le portail n’avait pas été ouvert… My Club Med saga *. « Le besoin de rencontres est exacerbé par la crise sanitaire, car on ne sait pas si une quatrième vague va encore nous remettre sous cloche. D’où l’envie de ne plus perdre de temps, de profiter de la vie », décrypte Florence Lautrédou, psychanalyste.

Cette soif des autres liée à la crise du Covid-19, Christophe Fuss, directeur général adjoint Tui France, qui détient les clubs Marmara et Lookéa, l’observe aussi : « A partir du 9 juin, nos réservations ont fait un bond, ce qui montre le besoin des gens de retrouver du lien social. Au club, ils savent qu’en 48 heures, ils ont déjà rencontré une dizaine de personnes. Même les plus timides ». Car de belles amitiés s’y forgent chaque été. Il faut dire que le contexte est propice. Un jeu apéro, un tournoi de foot, un cours de step ou une journée « Jeux Olympiques », une soirée mousse sont autant d’occasions de faire connaissance. Comme en témoigne Tessa, qui a répondu à notre appel à témoins : « Je suis partie à Djerba, en Tunisie. Des vacances inoubliables. Des animateurs qui mettent l’ambiance, des jeux à longueur de journée, des spectacles tous les soirs suivis d’une soirée tout en musique, des sorties en discothèques, le jet ski à la rencontre des dauphins… ».

« Lorsqu’on est en maillot de bain autour de la piscine, les clivages sociaux n’existent plus »

Tout est fait pour amener les vacanciers à échanger : « Dans les restaurants, ils sont incités à s’attabler avec d’autres personnes. Dans de nombreux clubs, le tutoiement est de rigueur, ce qui facilite les relations », indique Michel Proriol. Et c’est sans compter le rôle des animateurs : « L’une de leurs missions premières, c’est de créer du lien entre les gens, d’aller chercher les plus isolés, de proposer des activités communes… », souligne Christophe Fuss. Une convivialité dont se souvient avec nostalgie Danie lorsqu’il évoque son séjour dans un club de Royan : « C’était sympa et j’aimais bien cet esprit de groupe ». Et pour ceux qui voyagent avec des amis, c’est encore plus facile de se faire d’autres potes : « Faire partie d’un groupe donne confiance, la réassurance du collectif rend plus solide », explique Florence Lautrédou.

Contrairement à la « vraie vie », au club, on rencontre des gens qu’on n’aurait pas côtoyés dans son quotidien. « Lorsqu’on est en maillot de bain autour de la piscine, les clivages sociaux n’existent plus. Cela met chacun au même niveau », souligne Christophe Fuss. « Les gens sont plus authentiques, ils n’ont pas besoin de porter de masque social », renchérit Florence Lautrédou.

« Que de péripéties et de fous rires dans ce club de vacances très kitch ! »

Si beaucoup se font des potes de vacances qu’ils ne reverront pas forcément après, c’est parfois le point de départ d’amitiés plus durables, comme pour Christelle : « J’ai rencontré ma sœur de cœur dans un club à Marrakech. On est resté les meilleures amies du monde et je serai bientôt la marraine de son fils… Rien ne nous aurait amenées à nous rencontrer sans ce voyage ». Idem pour Magali : « C’est dans un club en Calabre que j’ai commencé une belle amitié avec Marion, Maria et Delphine. J’ai accompagné Marie, une amie de longue date, qui partait en vacances avec des copines de fac que je n’avais jamais rencontrées. Que de péripéties et de fous rires dans ce club de vacances très kitch ! Preuve à l’appui : le journal de bord de notre semaine, qui nous a permis de graver nos commentaires les plus fous sur nos rencontres, nos séances de sport improbables ou une dégustation de vin mémorable se terminant dans un magnifique rosier. Ce carnet est devenu en quelque sorte le symbole de notre niveau de complicité, qui n’a jamais changé depuis nos années étudiantes ».

Les clubs ont aussi vu naître des amours torrides. « Les soirées en boîte favorisent les jeux de séduction. Et la beauté des lieux, avec des plages idylliques, inspire », estime Michel Proriol. Pour Mireille, ex-GM (gentille membre) du club Med, l’aventure s’est avérée un feu de paille : « Divorcée et sans relation depuis un certain temps, j’ai rencontré un homme. J’ai tout tenté pour le séduire, jusqu’à lui mettre le numéro de ma chambre sous le nez ! Une nuit étoilée, il a fini par craquer. Après les vacances, nous avons chacun fait le voyage en train deux fois pour nous retrouver. Mais il est retourné vers son ex. Moi, j’ai fait une jolie rencontre, même si j’étais triste qu’elle se termine ainsi. Vingt ans après, j’en garde un souvenir souriant. Ce n’était pas un homme pour moi. Tellement prévenant, tellement bourgeois… D’ailleurs, il a retrouvé sa bourgeoise à talons aiguilles ! », ironise-t-elle. Et selon Florence Lautrédou, cet été devrait encore être plein de promesses érotiques : « Les gens sont lassés des sites de rencontres, surtout après cette période de pandémie. Ils veulent faire confiance au hasard. Le cadre du club autorise plus de légèreté sur le plan sentimental. Les relations semblent moins engageantes que dans la "vraie vie" ».

« J’ai rencontré mon épouse dans un club des Saintes »

Mais toutes les amours de clubs ne sont pas vouées à tourner court. « A chaque saison, nous sommes témoins de grandes histoires. Et certaines ont donné lieu à des "bébés club" », sourit Christophe Fuss. La preuve avec Maria, qui a vécu une belle romance en Italie : « J’ai croisé un beau brun qui draguait une blonde. Mais il s’est mangé un râteau, alors il s’est rabattu sur moi ! Il m’a abordée dans la boîte de nuit et après quelques discussions, m’a embrassée. Le fait d’être dans un club de vacances a eu un effet désinhibant sur moi. J’étais déconnectée, loin de chez moi, dans une ambiance festive. C’était à la fin du séjour, donc nous n’avons pas eu le temps de nous connaître et je ne suis pas tombée amoureuse. Mais on s’est revu à notre retour. Au final, nous sommes restés quatre ans ensemble et c’était ma première vraie histoire ».

Pour Fabien, l’histoire d’une nuit s’est finalement révélée l’histoire d’une vie. « J’ai rencontré mon épouse dans un club des Saintes (Guadeloupe). Une évidence ! Nous étions tous les deux célibataires. C’était le timing et le matching parfait ! Maintenant, nous sommes mariés et avons deux enfants ». « Au départ, les amours de vacances apparaissent comme des parenthèses. Mais certains sont rattrapés par l’importance de ce qu’ils vivent », commente Florence Lautrédou.

Si le portail n’avait pas été ouvert… My Club Med saga, Michel Proriol, éditions Sydney Laurent, 17,90 euros