Affaire Delphine Jubillar : Ce que les avocats de Cédric Jubillar comptent plaider pour le faire libérer

JUSTICE Les avocats de Cédric Jubillar, le mari de l’infirmière tarnaise disparue, vont plaider ce mardi pour demander la remise en liberté de leur client, mis en examen pour « meurtre sur conjoint »

Hélène Ménal
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La marche blanche organisée par les collègues de Delphine Jubillar le 12 juin 2021 à Albi (Tarn).
La marche blanche organisée par les collègues de Delphine Jubillar le 12 juin 2021 à Albi (Tarn). — Fred Scheiber - AFP
  • Ce mardi, les avocats de Cédric Jubillar vont faire appel de sa mise en détention après sa mise en examen pour le meurtre de sa femme Delphine.
  • Buée dans la voiture, cris entendus par des voisines… Ils veulent dégonfler chacun des indices qui ont mené les enquêteurs au mari.
  • Cette audience arrive après la révélation que Cédric Jubillar avait menacé de tuer sa femme quelques semaines avant sa disparition et que sa propre mère, après une garde à vue éprouvante, a pu douter de son innocence.

« Elle m’énerve. Je vais la tuer, je vais l’enterrer et personne ne la retrouvera ». Voici ce que Cédric Jubillar aurait dit un matin d’automne, fin octobre-début novembre, à sa mère, sur un parking. D’après les révélations faites par Le Parisien ce dimanche soir, Nadine F. a confirmé au cours de sa garde à vue aux gendarmes que cette phrase avait bien été prononcée par son fils. Et, assommée par les éléments à charge qui lui étaient présentés par les enquêteurs, elle l’a même supplié d’avouer la vérité au cours d’une confrontation. Sans succès.

Cédric Jubillar, mis en examen et écroué le 18 juin pour « meurtre sur conjoint », clame toujours son innocence. Ce mardi, ses avocats vont demander sa remise en liberté lors d’une audience devant la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Toulouse.

« Aucun élément vraiment concluant », selon la défense

Et cette menace de mort, prononcée quelques semaines avant que Delphine Jubillar ne disparaisse sans laisser de trace, ne manquera pas de nourrir les débats. « Il a pu prononcer une phrase à l’emporte-pièce, mais ce qui nous intéresse ce n’est pas ce qu’il a dit mais ce qu’il a fait », explique à 20 Minutes Alexandre Martin qui, avec Jean-Baptiste Alary et Emmanuelle Franck, défend le plaquiste de 33 ans. « Nous allons démontrer qu’avec un regard très objectif et professionnel sur le dossier, aucun des éléments avancés ne s’avère vraiment concluant », ajoute la défense.

Elle entend notamment revenir point par point sur les « éléments graves et concordants » livrés par le procureur de la République de Toulouse le 18 juin, juste après la mise en examen de Cédric Jubillar. Parmi eux, « les cris de détresse d’une femme » entendus par deux voisines – une mère et sa fille – à 23h07, le soir de la disparition. « Ces cris n’ont pas été entendus par des voisins beaucoup plus proches et dont il ressort des dépositions qu’ils étaient bien réveillés à cette heure-là », souligne Alexandre Martin. La buée sur la vitre de la voiture de Delphine observée par les gendarmes à leur arrivée au domicile des Jubillar vers 4h50 ? « De la buée dans une voiture dont la vitre est restée ouverte, c’est un non-argument », rétorque Alexandre Martin.

Il semblerait par ailleurs que Cédric Jubillar ait éteint son portable au cours de la fameuse nuit, ce qu’il ne faisait jamais. « Son portable n’a simplement pas émis de signe d’activation depuis l’heure à laquelle il a dit s’être couché, vers 23 heures, jusqu’à son réveil vers 4 h du matin [3h54 selon le parquet] », désamorce l’avocat. Quant à la célérité avec laquelle le mari a prévenu les gendarmes ce matin-là, qui interpelle les enquêteurs, dans le contexte d’un couple en instance de séparation. « Nous produirons la retranscription d’échanges qui montrent une inquiétude réelle », annonce la défense.

Delphine Jubillar, une infirmière de 33 ans, mère de deux enfants, s’est volatilisée de son domicile de Cagnac-les-Mines, dans le Tarn, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. La piste de l’homicide sur conjoint est privilégiée par les enquêteurs.