Loi « séparatisme » : L'Assemblée vote une seconde fois le texte controversé

RELIGION Le texte est présenté comme le remède contre « l’OPA islamiste »

20 Minutes avec AFP
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L'Assemblée nationale a donné jeudi son feu vert pour la deuxième fois au projet de loi controversé de lutte contre le séparatisme le jeudi 1er juillet 2021.
L'Assemblée nationale a donné jeudi son feu vert pour la deuxième fois au projet de loi controversé de lutte contre le séparatisme le jeudi 1er juillet 2021. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

A 23 voix pour, 14 voix contre et deux abstentions, l’Assemblée nationale a adopté pour la deuxième fois jeudi le projet de loi visant à lutter contre le séparatisme. Ce texte baptisé « respect des principes de la République » sera à nouveau au menu du Sénat le 21 juillet, avant son adoption définitive par le Parlement le lendemain, via un vote des députés qui ont le dernier mot.

Présenté comme le remède contre « l’OPA islamiste », le projet de loi contient une batterie de mesures sur la neutralité du service public, la lutte contre la haine en ligne, la protection des fonctionnaires et des enseignants, l’encadrement de l’instruction en famille, le contrôle renforcé des associations, une meilleure transparence des cultes et de leur financement, et encore la lutte contre les certificats de virginité, la polygamie ou les mariages forcés.

La série de dispositions anti-voile gommée par l’Assemblée

Largement adopté en première lecture en février au Palais Bourbon lors d’un vote solennel (347 voix pour, 151 voix contre et 65 abstentions), le texte avait été fortement remanié lors de son passage en avril au Palais du Luxembourg. Le coup de barre à droite des sénateurs, avec une série de dispositions anti-voile et un assouplissement de l’encadrement de l’instruction en famille (IEF), avait été gommé en commission spéciale à l’Assemblée nationale avant la séance.

La majorité a reculé « sur des symboles extrêmement puissants de l’islam politique en France », a critiqué le LR Julien Ravier. « Le compte n’y est pas », a regretté son collègue Eric Diard. « C’est un texte majeur (…) Les mesures sont efficaces et concrètes. Elles devront s’appliquer le plus rapidement possible dans nos territoires », a commenté Christophe Castaner, le patron des députés LREM.

Un « texte fourre-tout, qui a stigmatisé »

La socialiste Lamia El Aaraje a critiqué à l’inverse un « texte fourre-tout, qui a stigmatisé ». Les députés PS auraient souhaité « plus de moyens pour les services publics, pour les gens, pour les associations, les clubs sportifs », etc.

Alexis Corbière a fait le réquisitoire d’un texte qui, aux yeux de LFI, n’est que « tracasseries » et « suspicions », et est inutile pour lutter contre le terrorisme, contre « l’archipellisation » de la Nation, la non-mixité scolaire. Pour le groupe MoDem, Isabelle Florennes a salué un texte « d’équilibre » mais « qui ne réglera pas tout ».