« On se méfie de l’Atlantique, rarement de la Méditerranée », déplore un sauveteur

PREVENTION Ces dernières semaines, plusieurs noyades sont à déplorer sur le littoral héraultais

Nicolas Bonzom
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Une plage près de Montpellier.
Une plage près de Montpellier. — Pascal GUYOT / AFP
  • Plusieurs noyades, parfois mortelles, ont eu lieu ces dernières semaines dans l’Hérault.
  • Parfois, les baigneurs ne se méfient pas assez des dangers de la Méditerranée. « Pourtant, elle est imprévisible. C’est la deuxième mer la plus dangereuse du monde », assure Frédéric Candaten, sauveteur.

Malgré les appels à la prudence, le week-end dernier fut, une fois de plus, dramatique sur les plages de l'Hérault. Dimanche, au Cap d’Agde, un homme de 50 ans a été retrouvé mort, victime d’une noyade. Dans le département, dans la journée, les sapeurs-pompiers comptabilisaient six « aquastress », le premier stade de la noyade, lorsqu’une personne est épuisée et panique, douze interventions pour des nageurs ayant inhalé « légèrement de l’eau » et huit pour porter assistance à des baigneurs.

Quelques jours plus tôt, le 21 juin, trois hommes sont décédés des suites d’une noyade en mer, à Marseillan-Plage, à Villeneuve-lès-Maguelone et à Valras. Le même jour, un autre a pu être sorti de l’eau par les secours, à Palavas-les-Flots, et évacué en urgence absolue au CHU de Montpellier. Pourquoi tant de noyades, sur le littoral méditerranéen ?

Soleil, chaleur et mer agitée

Pour Frédéric Candaten, chef de secteur à Palavas-les-Flots à la SNSM (Société nationale de sauvetage en mer), il n’y a, malheureusement, « rien de nouveau. Chaque année, c’est la même chose ». Les risques que prennent parfois les baigneurs sont le résultat d’un cocktail explosif : « Un grand soleil, des températures élevées, une mer agitée et des gens qui ne sont pas habitués. » Ces dernières semaines, une forte houle et du courant d’arrachement ont surpris certains baigneurs.

« Il subsiste une méconnaissance des dangers de la Méditerranée, déplore Frédéric Candaten. Pour beaucoup, la Méditerranée, c’est un lac, une grande piscine. Pourtant, elle est imprévisible. C’est la deuxième mer la plus dangereuse du monde. On se méfie de l’Océan Atlantique, mais rarement de la Méditerranée. » Sauveteurs et sapeurs-pompiers rappellent la première consigne à respecter : la couleur du drapeau. Si c’est vert, on peut se baigner. Orange, c’est dangereux. Et rouge, c’est interdit.