Réforme du bac : Comment l’examen risque d’évoluer pour la session 2022

EDUCATION Les épreuves communes pourraient être supprimées dès la rentrée prochaine, selon les souhaits de Jean-Michel Blanquer

Delphine Bancaud
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Lors d'une session du bac à Montpellier
Lors d'une session du bac à Montpellier — Alain ROBERT/SIPA
  • Après une réforme mise en place progressivement depuis 2018, le bac va subir un nouveau lifting pour la session 2022.
  • Jean-Michel Blanquer a proposé des ajustements, qui seront encore discutés avec les syndicats début juillet.
  • Les évaluations communes, qui avaient été mises en place en 2018, seraient supprimées au profit d’un contrôle continu plus souple.

Le bac a été réformé à partir de 2018, mais sa réforme… va elle aussi subir un lifting. Le ministère de l’Education a en effet annoncé ce lundi les nouveaux aménagements prévus. Inspirées des travaux du comité de suivi du bac, ces évolutions seront encore discutées avec les syndicats début juillet. 20 Minutes vous explique ce qui pourrait attendre les élèves à compter de la session 2022 (si elles sont adoptées).

Une modification du contrôle continu

Le contrôle continu composerait toujours 40 % de la note de l’élève, et les épreuves terminales 60 %. Mais les modalités d’évaluation des élèves pourraient changer, afin de privilégier « une logique de contrôle continu plein et entier », déclare la Rue de Grenelle. Les épreuves communes, ces devoirs sur table organisés en cours d’année, pourraient être supprimées dès la rentrée prochaine. Elles portaient jusqu’à maintenant sur les disciplines du tronc commun (les langues vivantes, l’histoire-géographie, l’EPS, les enseignements scientifiques pour la voie générale, ou les mathématiques pour la voie technologique) et sur la spécialité abandonnée en 1re. Et comptaient pour 30 % de la note finale. Elles avaient déjà été annulées en 2020/2021 en raison de la crise sanitaire. Et étaient déjà largement critiquées, car taxées d’être trop précoces dans l’année scolaire et de mettre trop de pression sur les épaules des lycéens et leurs enseignants…

Selon le ministère, cette évolution permettrait « un contrôle continu plus souple ». Mais cette hypothèse ne plaît guère au Snes-Fsu et au Snalc : « Nos organisations ne pourront accepter un renforcement du contrôle continu », ont ainsi déclaré conjointement les syndicats. Selon le Snes, le contrôle continu renforce les inégalités entre élèves, car tous ne sont pas évalués avec la même sévérité selon les établissements. « Le renvoi au local de l’évaluation, sans aucun cadre national, amplifie les inégalités, met les élèves et les enseignants sous la pression d’une évaluation permanente », déclare le syndicat dans un communiqué. Une objection à laquelle le ministère répond en assurant que « des repères nationaux seraient diffusés aux équipes pédagogiques, afin que soit préservée l’égalité de traitement des élèves ». Ils disposeront d’un guide pour l’évaluation et d’une banque nationale de sujets, dans laquelle ils pourront piocher pour donner des devoirs aux élèves.

En revanche, ce possible changement est du goût du SNPDEN, le syndicat des chefs d’établissement, qui estimaient que les épreuves communes étaient complexes à organiser dans les lycées.

Des changements de coefficients pour les matières

Les coefficients des disciplines qui faisaient l’objet d’épreuves communes (langues vivantes, histoire-géographie, EPS, enseignement scientifique ou maths) pourraient évoluer. Toutes ces matières auraient un coefficient 6 (3 en 1re et 3 en Terminale), contre un coefficient 5 dans le système actuel. L’enseignement de spécialité abandonné en fin de classe de 1re serait lui crédité d’un coefficient 8, et l’enseignement moral et civique recevrait un coefficient 2 (1 en première, 1 en terminale). Ce dernier serait donc mieux valorisé qu’à l’heure actuelle.

Les options changeraient aussi de coefficients pour bénéficier « d’une plus grande considération », selon le ministère de l’Education. Une option suivie en 1re et en Terminale bénéficierait ainsi d’un coefficient 4, et une option seulement suivie uniquement durant l’année de Terminale un coefficient 2. Les options seraient par ailleurs limitées et ne devraient pas excéder un total de 14 de coefficient (un élève pourrait par exemple suivre trois options en 1re et en Terminale, et une autre uniquement en Terminale).