Marseille : Les sauveteurs en mer s’inquiètent de la hausse du nombre de leurs interventions

MER Les sauveteurs en mer sont intervenus à 210 reprises en 2020 à Marseille, une hausse de 21% qui concerne aussi tout le littoral méditerranéen.

Alexandre Vella
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La SNSM deMarseille lors d'un exercice d'hélitreuillage
La SNSM deMarseille lors d'un exercice d'hélitreuillage — MT DESFOSSES / SNSM
  • La Bonne Mère de Marseille, vedette de sauvetage de la SNSM, s’est amarrée au quai d’honneur du Vieux-Port où les sauveteurs ont souhaité alerter sur la hausse du nombre de leurs interventions.
  • Une hausse liée à la croissance du nombre d’usagers de la mer dont l’accès est facilité par les sociétés de location.
  • « La mer est de plus en plus fréquentée par le grand public, et c’est une bonne chose. Mais en mer, on s’expose à la nature », avertit la SNSM

Marseille, sa mer, ses plages, ses calanques et sa Bonne Mère. Non, pas sa basilique, qui veille sur la ville, mais sa vedette de sauvetage, qui veille sur les usagers de la mer. Ce vendredi, La Bonne Mère de Marseille et ses deux fois 500 chevaux, s’est amarrée au quai d’honneur du Vieux-Port où les sauveteurs ont souhaité alerter sur la hausse de 21 % du nombre de leurs interventions l’an passé.

« La mer est de plus en plus fréquentée par le grand public, et c’est une bonne chose », a débuté Hervé Prévot, en charge de la prévention et bénévole comme tous à la SNSM (Société nautique de sauvetage en mer). « Mais en mer, on s’expose à la nature, des risques parfois mal connus », notamment par les nouveaux usagers, dont l’accès à la mer est facilité par une économie de la location en plein essor. Il est aujourd’hui facile de louer un jet-ski, un petit bateau moteur sans permis ou un voilier.

La vedette de la SNSM La Bonne Mère de Marseille est intervenue 140 fois en mer en 2020
La vedette de la SNSM La Bonne Mère de Marseille est intervenue 140 fois en mer en 2020 - Alexandre Vella / 20 Minutes

Dans ces conditions, l’été qui vient inquiète la SNSM. Ils estiment que 30 % des interventions sont liées à des imprudences et une méconnaissance de la pratique en mer, et seraient facilement évitables. Et de citer en exemple une intervention du début du mois où cinq personnes, dont un bébé de six mois et une grand-mère, se sont retrouvées à la dérive au large du Frioul, sans gilets de sauvetage, après une panne moteur de leur embarcation pneumatique. « Le sauvetage des vies humaines est gratuit », fait remarquer Jo Manicacci, le nouveau président de la station SNSM de Marseille. « Mais le remorquage des embarcations est facturé selon un barème relatif à la longueur ».

Benoit Payan à la manœuvre

Des souvenirs de secours, le patron de vedette Franck en a malheureusement bien trop en dix-huit ans passés à la caserne des marins-pompiers de Pointe Rouge. Car à Marseille, le sauvetage en mer est organisé comme nulle part ailleurs. Depuis 1978, ce sont les marins-pompiers de la ville qui fournissent les effectifs de sauvetage, cinq professionnels, disponibles tous les jours à toute heure. Les bénévoles de la SNSM s’occupent eux de l’entretien et de l’armement de la vedette. Une facture de 30.000 euros par an, réglée par la SNSM, association financée à 80 % par des dons privés. La ville de Marseille, elle, apporte un soutien matériel en payant le gazole et vient de mettre à disposition un local du côté Malmousque afin que les bénévoles puissent y installer leurs bureaux. « Une promesse que beaucoup de maires ont fait avant moi, et n’avaient pas tenu », s’est satisfait Benoît Payan venu pour l’occasion saluer les bénévoles et les marins-pompiers. Le maire de la ville s’est ensuite offert le plaisir de piloter la navette à l’occasion d’une sortie de démonstration et de la ramener jusqu’à son quai d’honneur, au pied de la mairie.
 

En 2020, la Bonne Mère de Marseille a contribué à 210 sauvetages, dont 140 interventions en mer. Les sauveteurs interviennent également sur des accidents survenus à terre, dans les calanques ou au Frioul, lorsque l’accès par la route n’est pas possible. « Certains disent que la Méditerranée est une piscine. Mais le temps peut tourner très vite, et les vagues sont courtes », prévient Franck, le chef de bord du jour. Souhaitons que les chiffres de 2021 ne soient pas aussi élevés que ceux de l’an passé.