Paris : Le préfet de police s’oppose à une démonstration du GIGN le 14-Juillet

GUÉGUERRE Le préfet Didier Lallement refuse que l’unité d’élite de la gendarmerie participe à une démonstration organisée en marge du traditionnel défilé

Thibaut Chevillard

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Le préfet de police, Didier Lallement, en août 2020 (illustration)
Le préfet de police, Didier Lallement, en août 2020 (illustration) — NICOLAS MESSYASZ/SIPA
  • Les gendarmes du GIGN devaient participer à une démonstration organisée en marge du défilé du 14-Juillet à Paris.
  • Mais le préfet de police, Didier Lallement, a fait savoir qu’il ne voulait pas de l’unité d’élite dans la capitale, qui est en zone police.
  • Le directeur général de la gendarmerie lui a écrit pour lui proposer d’organiser un exercice en commun avec le Raid et la BRI. Mais le préfet de police aurait, selon nos informations, préféré tout annuler.

Le scénario était déjà écrit. Deux hélicoptères de la gendarmerie transportant des membres du GIGN, et un de l’armée de terre, devaient survoler le quartier d’affaires de la Défense. A bord, des tireurs d’élite auraient ouvert le feu pour neutraliser deux malfaiteurs retranchés sur le toit de la Grande Arche, tandis que d’autres opérateurs de la prestigieuse unité d’intervention seraient intervenus pour débusquer un complice et libérer des otages. Les appareils auraient ensuite survolé l’avenue de la Grande Armée, les Champs-Elysées, avant de se poser sur l’esplanade des Invalides. Le présentateur du JT de TF1, Gilles Bouleau, et un caméraman de la chaîne devaient même se trouver au cœur de cette mise en scène organisée en marge du défilé du 14-Juillet, à l’occasion des 15 ans du groupe interarmées d’hélicoptères.

Les derniers repérages étaient imminents. « Ça aurait fait une super belle séquence » , regrette une source proche du dossier qui ne cache pas son étonnement. Selon les informations du Canard enchaîné, dont 20 Minutes a eu confirmation, le préfet de police, Didier Lallement, a fait savoir au chef d’état-major des armées qu’il n’était pas question de voir les gendarmes du GIGN à Paris, qui est en zone police. Surpris, le directeur général de la gendarmerie, le général Christian Rodriguez, a pris la plume pour lui proposer d’organiser un exercice en commun avec les unités d’intervention de la police, le Raid et la BRI de la police judiciaire parisienne. Refus catégorique du préfet Lallement.

« C’est rocambolesque comme histoire »

« Il a eu peur que les syndicats de police lui tombent sur le dos s’il acceptait », analyse un bon connaisseur du dossier. Le représentant de l’Etat regretterait aussi que le GIGN ait fait plus parler de lui ces derniers temps que le Raid ou la BRI. Finalement, selon nos informations, l’exercice a été purement et simplement annulé. « C’est rocambolesque comme histoire », s’étrangle un pandore.

Contactée par 20 Minutes, la préfecture de police fait savoir que « le préfet de police ne commente pas les discussions internes au sein du ministère de l’Intérieur ». Le rapprochement entre la police et la gendarmerie ne semble en tout cas pas pour tout de suite.