Marseille : Une fin d'année scolaire tendue dans les écoles

EDUCATION Prise entre un mouvement de grève et un protocole sanitaire qui perdure, la fin d’année scolaire n’est pas des plus apaisée dans les écoles marseillaises

Alexandre Vella

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Un enfant dans un cour d'école à Marseille
Un enfant dans un cour d'école à Marseille — Daniel Cole/AP/SIPA
  • La CGT a lancé dans les écoles un mouvement de grève pour pérenniser le mercredi non travaillé par le personnel non-enseignant.
  • Une stratégie que ne comprend pas FO, syndicat majoritaire.
  • Parallèlement à cela, 250 agents sont toujours en autorisation spéciale d’absence alors que perdure le protocole sanitaire dans les écoles.

A Marseille, les parents d’élèves sont patients. Après la journée de mardi où 87 des 472  écoles sont restés fermées, jeudi encore, ils seront nombreux à envoyer leurs enfants un pique-nique sous le bras. Six écoles sont annoncées fermées et 16 ne présenteront pas de service de restauration, touché par un manque de personnels. Ce manque s’explique en partie par les 250 agents présentant un état de santé incompatible avec la situation sanitaire et qui sont donc en autorisation spéciale d’absence depuis de longs mois. Sur cela s’est ajouté un mouvement de grève de salarié non-enseignant lancé par la CGT, qui réclame la pérennisation de leur réduction du temps de travail. Autrement dit, l’inscription dans le marbre du mercredi non travaillé, ce qui est déjà le cas depuis février, mais par le fait de dérogations préfectorales successivement demandées par la mairie.

Une stratégie menée par la CGT, dont le préavis de grève court jusqu’à la fin de l’année scolaire, que ne partage pas FO, syndicat majoritaire parmi les agents de la ville dans les écoles. « Nous partageons le motif, mais nous ne partageons pas le mode d’action », a commenté Patrick Rué, secrétaire général FO des agents territoriaux. « On trouve cela mal venu entre les deux tours des élections, ajoute-t-il. Notre horizon, c’est la rentrée. Cela laisse deux mois pour faire aboutir les discussions en cours. » La CGT, elle, voudrait que ça aille plus vite. « Depuis 2018, la pénibilité du travail du personnel non-enseignant dans les écoles et les crèches est reconnue par le CHSCT [comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail]. On ne comprend pas pourquoi ça bloque », énonce Françoise Risterucci, de la CGT des agents de la ville.

« Il y aura le temps du dialogue social »

« Ce mercredi non travaillé a été une réponse prise par le maire en réponse à une situation exceptionnelle », avance Pierre Huguet, adjoint au maire de Marseille en charge notamment des écoles. « Il y aura le temps du dialogue social », assure-t-il, appelant à « la responsabilité » pour que cette année scolaire « éprouvante pour tout le monde, enfants, parents, agents, se termine sereinement ». Une année marquée par la crise sanitaire, qui semble ne pas en finir dans les écoles. « Tout le monde est déconfiné et les écoles sont toujours soumises au protocole sanitaire de janvier », remarque Pierre Huguet. Et de rappeler les efforts de la mairie qui a recruté 560 personnes et embauché une société de ménage qui intervient dans 190 écoles pour remédier au manque de personnel.

Séverine Gil, du Mouvement des parents d’élèves comprend cette revendication sur la pénibilité, mais souhaiterait surtout un vrai plan de sortie de crise sanitaire afin que les 250 personnes « en autorisation spéciale d’absence puissent retourner travailler ». Entre un mouvement social qui couve et une situation sanitaire à venir incertaine, la rentrée scolaire pourrait bien ressembler à cette fin d’année alors que la nouvelle municipalité est particulièrement attendue sur la question des écoles à Marseille.