Menus végétariens dans les cantines : le Sénat préfère prolonger de deux ans l’expérimentation

LOI CLIMAT Les députés avaient pourtant voté mi-avril, en première lecture, la généralisation du dispositif une fois par semaine

20 Minutes avec AFP

— 

Une cantine scolaire à Sophia Antipolis, le 25 mars 2021.
Une cantine scolaire à Sophia Antipolis, le 25 mars 2021. — SYSPEO/SIPA

Contrairement aux députés, les sénateurs estiment avoir besoin d’encore un peu de temps avant de valider les menus végétariens dans les cantines scolaires. Sur ce dossier, le Sénat, à majorité de droite, a privilégié mardi soir la poursuite de l’expérimentation plutôt qu’une pérennisation de la mesure, voulue par l’ Assemblée nationale dans le cadre du projet de loi climat.

Le débat devrait toutefois se poursuivre durant la navette parlementaire. L’Assemblée nationale aura le dernier mot en cas de désaccord persistant entre les deux chambres.

Le Sénat prône la liberté des collectivités locales

Dans le cadre de la loi Egalim de 2018, une expérimentation a été lancée en novembre 2019 pour proposer une fois par semaine aux élèves un menu végétarien​, au choix. Mi-avril, l’Assemblée nationale a voté en première lecture pour généraliser ce dispositif, toujours une fois par semaine. Mais, plus réservé, notamment au nom de la liberté des collectivités locales qui gèrent les cantines scolaires et leurs prestataires, le Sénat a préféré prolonger de deux ans l’expérimentation.

La rapporteure Anne-Catherine Loisier (centriste) a estimé mardi qu’il était nécessaire d’attendre une évaluation plus complète et chiffrée. Elle a évoqué certains « dysfonctionnements » rapportés par les élus locaux, également confrontés à « 18 mois de période Covid ». « Ne légiférons pas sur tout, ni sur le contenu du menu, ni sur le diamètre de l’assiette, ni sur la longueur de la fourchette », a complété le LR Christian Klinger, appelant à « faire confiance aux acteurs locaux ».

Chili sin carne et couscous végétarien

Plusieurs sénateurs de gauche et écologistes ont protesté contre un « recul » par rapport au texte initial et poussé pour aller au-delà. L’écologiste breton Joël Labbé a appelé à « manger moins de viande » et à « créer des débouchés pour nos légumineuses ». Le communiste Fabien Gay a pour sa part défendu un « équilibre » entre « demande de végétarien » et « crise de la faim » dans « les villes populaires », soutenant la viande de « qualité ».

Sur le banc du gouvernement, le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie a plaidé en vain pour revenir au texte voté par l’Assemblée nationale. Il a défendu le « choix » dans les cantines et la « qualité » de la viande locale, alors que « plus de 60 % de la viande consommée dans nos cantines aujourd’hui est de la viande importée ». Le Conseil national de la restauration collective a testé plusieurs recettes végétariennes, dont sept sont « vraiment appréciées des enfants », avait de son côté assuré la députée LREM Célia de Lavergne durant les débats à l’Assemblée, comme les lasagnes végétariennes, le « chili sin carne » ou le couscous végétarien.