Rave party à Redon : Quatre hommes convoqués en justice après les affrontements avec les gendarmes

TEUF Environ 1.500 personnes ont participé à l’événement musical organisé en hommage à Steve Maia Caniço, mort il y a deux ans à Nantes

C.A.

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Les gendarmes sont intervenus à Redon le 19 juin 2021 pour mettre un terme à une rave party organisée en hommage à Steve Maia Caniço, mort il y a deux ans à Nantes.
Les gendarmes sont intervenus à Redon le 19 juin 2021 pour mettre un terme à une rave party organisée en hommage à Steve Maia Caniço, mort il y a deux ans à Nantes. — Fred Tanneau / AFP

C’était il y a deux ans jour pour jour. Steve Maia Caniço tombait dans la Loire, en marge de la Fête de la musique à Nantes. Son corps sans vie avait été retrouvé le 29 juillet. L’enquête ouverte après ce drame a conclu que le jeune homme était bien tombé dans le fleuve au moment de l’intervention policière. Vendredi soir, plusieurs centaines de personnes avaient décidé de lui rendre hommage en organisant une rave party à Redon (Ille-et-Vilaine), en dépit des arrêtés préfectoraux interdisant ce rassemblement. L’intervention des forces de l’ordre dans la nuit de vendredi à samedi a donné lieu à de violents affrontements. Un jeune homme âgé de 22 ans a perdu sa main, dans des circonstances qui restent encore à éclaircir. De leur côté, les gendarmes ont dénombré plusieurs blessés, après avoir essuyé des « jets de pierres et de cocktails molotov », selon le parquet de Rennes.

Six personnes avaient été placées en garde à vue dans la journée de samedi, avant que les gendarmes n’évacuent le site pour « faire cesser le son », comme l’avait demandé le préfet de Bretagne Emmanuel Berthier. Deux hommes âgés de 28 et 19 ans ont été laissés libres, après un rappel à la loi. Un autre, âgé de 20 ans et domicilié dans le Morbihan, sera convoqué devant le tribunal correctionnel de Rennes pour avoir participé « à un attroupement après sommation de se disperser et rébellion ». 

Un homme incarcéré, trois autres convoqués

Trois hommes ont été déférés au parquet de Rennes dimanche après-midi. La justice les soupçonne d’avoir pris part aux violences à l’encontre des gendarmes dans la nuit de vendredi à samedi. L’un d’entre eux, âgé de 37 ans et originaire de l’Orne, a été incarcéré en exécution de deux peines de 6 et 2 mois d’emprisonnement prononcées antérieurement, a fait savoir le procureur Philippe Astruc. « Il lui est reproché des jets de pierre en direction des gendarmes ». Les deux autres hommes, originaires de Charente et des Côtes d’Armor seront également convoqués devant la justice pour des faits de « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique ou rébellion » et pour avoir participé au rassemblement festif.

Suite à cette free party, le parquet de Rennes a ouvert deux autres enquêtes. L’une devra établir les circonstances de la blessure grave d’un homme de 21 ans originaire de Rennes, qui a dû être amputé. « La victime, encore hospitalisée, n’a pas pu être auditionnée », précise le procureur. Une autre procédure judiciaire est en cours pour faire la lumière sur l’organisation de cette soirée. Une platine, trois tables de mixage et trois amplis ont été saisis sur instruction du parquet. Les gendarmes ont également détruit une partie du matériel, ce que les teufeurs critiquent sérieusement.