Un cadre sur quatre fait l’amour pendant ses heures de (télé)travail

PAUSE COUETTE Malheureusement, le mélange vie pro-vie perso n’est pas toujours aussi agréable

Nicolas Raffin

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Attention à bien couper le micro et la caméra en cas de sieste crapuleuse.
Attention à bien couper le micro et la caméra en cas de sieste crapuleuse. — Danny Choo/Flickr/CC BY-SA 2.0
  • Le baromètre de la « charge mentale professionnelle » Ifop pour Mooncard est dévoilé ce mardi.
  • Il montre que les cadres ont toujours autant de difficultés à ne plus penser au travail en dehors du bureau.
  • Certains n’hésitent pas néanmoins à avoir des relations intimes pendant leurs heures de travail.

Le télétravail synonyme de plaisir ? C’est au moins le cas pour 25 % des cadres, qui reconnaissent avoir « des relations intimes » pendant leurs horaires de travail, selon le second baromètre Ifop-Mooncard* sur la « charge mentale professionnelle ». Une « pause » dans la journée de boulot que pratiquent davantage les moins de 35 ans (1 sur 3 indique le faire).

Publié ce mardi, ce baromètre montre à quel point la vie professionnelle s’emmêle avec la vie personnelle. Pour le meilleur, donc, mais aussi pour le pire. « La charge mentale professionnelle s’invite dans nos vies, le soir et le week-end, quand nous sommes avec nos proches, explique Tristan Leteurtre, président de Mooncard. J’en ai fait l’amère expérience en tant que manager, puis en tant que chef d’entreprise, mais surtout en tant que père et époux. »

Les femmes avec enfants débordées

Ainsi, « 39 % des cadres ont “souvent” des difficultés à dormir à cause du travail », indique l’étude. Ils sont également 33 % à avoir « souvent » l’impression « de ne pas s’en sortir ». Ce dernier problème touche beaucoup plus les femmes que les hommes, et surtout les parents : 44 % des mères de famille, contre seulement 31 % des pères.

Par ailleurs, relève le baromètre, « la quasi-généralisation du travail à la maison [pour les cadres] n’a pas permis une meilleure conciliation entre vie personnelle et professionnelle : une immense majorité (85 %) des femmes avec enfant(s) à charge éprouve des difficultés à concilier les deux ». Un constat qui s’explique par le fait que ces dernières réalisent très souvent la majorité des tâches domestiques, en plus du reste.

La forte crainte d’être licencié

Chez les jeunes cadres (moins de 35 ans), la « charge mentale professionnelle » est aussi une réalité. Par rapport aux cadres de plus de 50 ans, les jeunes pensent plus souvent au travail le week-end (54 % vs 37 %) et le soir (58 % vs 45 %). Une immixtion dans la vie privée qui peut être liée à la situation économique globale, perçue comme fragile : 42 % des jeunes cadres redoutent d’être licenciés, contre seulement 23 % pour leurs homologues « seniors ».

Outre ces inquiétudes spécifiques, les cadres, toutes catégories confondues, sont unanimes pour critiquer la pénibilité de certaines tâches : gérer les notes de frais (40 % des sondés jugent le boulot « pénible ») ou encore les congés (40 %). Enfin, l’essor du télétravail n’a pas mis fin, au contraire, à la mode des réunions, toujours jugées pénibles par 59 % des cadres, tout comme la gestion des mails (56 %). Les vacances vont faire du bien à tout le monde.

* L’enquête a été menée par un questionnaire auto-administré en ligne du 22 avril au 3 mai 2021, auprès d’un échantillon de 1003 cadres travaillant dans des structures de 10 salariés et plus. La représentativité a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, secteur d’activité, niveau de diplôme) après stratification par région.