Non, la ville de Paris ne démonte pas ses lampadaires haussmanniens parce qu’ils sont « trop vétustes »

FAKE OFF Contrairement à ce qu'ont affirmé plusieurs publications sur Twitter, ces candélabres sont seulement en réparation et n'appartiennent pas à la mairie de Paris

Tom Hollmann

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Une vingtaine de lampadaires au style haussmannien sont entreposés dans un espace appartenant à Derichebourg, à Saint-Cloud. Un tweet accuse à tort la Mairie de Paris de s'en être débarrassée
Une vingtaine de lampadaires au style haussmannien sont entreposés dans un espace appartenant à Derichebourg, à Saint-Cloud. Un tweet accuse à tort la Mairie de Paris de s'en être débarrassée — Tom Hollmann
  • Plusieurs tweets largement relayés accusent la mairie de Paris de s’être débarrassée de ses lampadaires emblématiques dans un espace de stockage à Saint-Cloud.
  • Ces derniers, entreposés dans un espace appartenant à la société Derichebourg n’appartiennent ni à la mairie de Paris, ni à celle de Saint-Cloud.
  • Ils ne sont par ailleurs pas abandonnés, mais sont seulement en réparation.

La mairie de Paris voudrait-elle se débarrasser de ses mythiques lampadaires au style haussmannien ? C’est en tout cas ce dont l’accusent plusieurs publications largement relayées sur Twitter ces derniers jours. L’une d’entre elles, publiées par le compte @Paris_propre, indique, photo à l’appui, que ces candélabres parisiens seraient abandonnés à Saint-Cloud ( Hauts-de-Seine), juste « au-dessus de l’autoroute ».

Dans une seconde publication, le même compte explique que la municipalité souhaiterait se débarrasser du « mobilier [urbain] inutile » dans la capitale. Une formule reprise dans un autre tweet, qui indique cette fois-ci que les lampadaires en question seraient « jugés trop vétustes par la mairie de Paris ».

Certaines des publications virales contiennent le hashtag #saccageParis, utilisé principalement par des opposants à Anne Hidalgo pour dénoncer les choix de la maire socialiste en termes d'aménagement et d'urbanisme.

FAKE OFF

Contactée par 20 Minutes, la mairie de Paris a rapidement indiqué que ces candélabres au style haussmannien n’étaient pas les siens, et qu’il était faux de penser « que la municipalité avait pour objectif de se débarrasser de ces lampadaires ».

Paris n’est pas la seule ville de France à disposer de mobilier urbain de ce type. Il est assez commun d’en trouver en banlieue proche, ou dans d’autres grandes villes françaises. Les lampadaires pourraient-ils donc appartenir à la mairie de la ville de Saint-Cloud, où ils sont entreposés ? Le cabinet du maire est formel, « ces lampadaires ne sont pas la propriété de la ville ».

Une recherche sur Google Maps nous a permis de retrouver l’emplacement de stockage. Ce dernier se situe effectivement au-dessus de l'A13, coincé entre une départementale et les deux bretelles de l’autoroute de Normandie. Une fois sur place, nous découvrons une vingtaine de pieds de lampadaires entreposés derrière une grille, au milieu de mobilier urbain divers (grillages, poteaux, panneaux de signalisation…). Un panneau indique que l’espace appartient à l’entreprise Derichebourg et à sa filiale Energie EP.

Le service de communication de Derichebourg Multiservices, joint par 20 Minutes, a ainsi expliqué « que ces pieds de candélabres n’étaient pas abandonnés, mais seulement en réparation », contrairement à ce qu’avaient affirmé les publications visibles plus haut.

Au moment de la publication de l’article, Derichebourg n’a pas été en mesure de nous dire d’où venaient les lampadaires, mais le groupe indique qu'ils proviennent d'une ville de banlieue proche.