Activités, protocole sanitaire… Comment va se dérouler l’édition 2021 du Service national universel

JEUNESSE Dès ce lundi et jusqu’au 2 juillet, 18.000 jeunes volontaires seront accueillis dans 143 centres

Delphine Bancaud
— 
Des jeunes participant au SNU en 2019.
Des jeunes participant au SNU en 2019. — Tristan Reynaud
  • Cette année, 18.000 jeunes volontaires âgés de 15 à 17 ans, de tous les départements, vont participer au SNU.
  • Ils participeront d’abord, pendant quinze jours, à un « séjour de cohésion ». Puis ils effectueront une mission d’intérêt général de 84 heures auprès d’une association, d’une administration, d’un corps en uniforme (gendarmerie, pompiers…).
  • C’est le protocole sanitaire en vigueur dans les lieux d’accueil collectif de mineurs qui va s’appliquer.

Après une année de pause, le voilà reparti : le Service national universel redémarre ce lundi. Lancé en 2019, le SNU avait été expérimenté cette année-là par 2.000 jeunes dans 13 départements, et il devait, l’an passé, être élargi à tous les départements et s’adresser à 30.000 jeunes. Mais, crise sanitaire oblige, il a été bouleversé et les 5.000 jeunes inscrits n’ont pu en accomplir qu’une partie. 20 Minutes vous explique ce qui attend les participants cette fois-ci.

Quel est le profil des volontaires cette année ?

Cette année, 29.000 jeunes ont déposé un dossier pour faire un SNU, mais tous n’ont pas rendu les documents nécessaires à leur inscription, et certains parents ont renoncé à les faire partir en raison du contexte sanitaire. Au final, ce sont 18.000 jeunes volontaires, de 15 à 17 ans, qui vont s’engager. Il y aura « une mixité sociale et territoriale, assure le cabinet de la secrétaire d’Etat Sarah El Haïry, chargée de la Jeunesse et de l’Engagement. Le jeune de Sarcelles va pouvoir croiser le jeune de Quimper ».

Une majorité de ces adolescents sont scolarisés, mais il y aura aussi des décrocheurs, des apprentis. A noter aussi : 4,2 % des volontaires seront en situation de handicap. Les filles seront un peu plus nombreuses (55 %) que les garçons, 35 % des jeunes seront issus d’une zone peu dense, et 5,3 % seront issus d’un quartier « politique de la ville ».

Quelles mesures sanitaires seront appliquées ?

C’est le protocole sanitaire en vigueur dans les lieux d’accueil collectif de mineurs qui va s’appliquer. En raison du contexte sanitaire, il est recommandé aux jeunes de réaliser un test PCR avant le séjour. Les jauges dans les centres ont été réduites. Des autotests seront à disposition et le port du masque sera obligatoire, sauf pour certaines activités, notamment sportives.

Quel est le programme prévu ?

Pendant quinze jours, les jeunes participent d’abord à un « séjour de cohésion », moment de vie collective en dehors de leur département d’origine. Les volontaires seront accueillis dans 143 centres et supervisés par 3.000 encadrants. Ils seront répartis dans une maisonnée d’une dizaine de résidents et auront droit à un uniforme. Les journées débuteront avec la « levée des couleurs », puis les jeunes participeront à des activités liées à différentes thématiques (sport, sensibilisation à la transition écologique, formation aux gestes de premiers secours, connaissance des services publics, défense et mémoire, sensibilisation au cyberharcèlement, initiation à la démocratie interne…). Un nouveau module sur la promotion de la santé va être proposé. Les volontaires de 2019 ont demandé qu’il y ait davantage de mises en situation, de rencontres, ce qui sera le cas. Pas question de faire la fête le soir, car ils devront se coucher à 22h30.

Après ce séjour de cohésion, les participants devront effectuer une mission d’intérêt général de 84 heures auprès d’une association, d’une administration, d’un corps en uniforme (gendarmerie, pompiers…). Celle-ci peut être réalisée sur une période courte ou répartie sur plusieurs mois. S’ils le souhaitent, ils peuvent poursuivre l’expérience avec une période d’engagement de trois mois minimum.

Quelles aides spécifiques les volontaires peuvent-ils obtenir ?

« Le SNU va permettre un dépistage des vulnérabilités. Des bilans de santé et de compétences seront proposés », indique l’entourage de Sarah El Haïry. L’illettrisme peut par exemple être détecté, et le jeune peut être guidé vers des associations ou des centres de formation. Cette année, les encadrants ont aussi été formés à la santé mentale, pour repérer les jeunes qui auraient été très fragilisés par la crise sanitaire.

Quel est le budget prévu cette année pour le SNU ?

Il sera de 63 millions d’euros, avec un coût de 2.200 euros par jeune, pris entièrement en charge par l’Etat.

Comment évoluera le SNU dans les prochaines années ?

Le gouvernement souhaite généraliser le Service national universel, l’objectif étant de le « rendre obligatoire probablement à l’horizon de trois ou quatre ans », indique le cabinet de Sarah El Haïry.