Déconfinement : « Libéré, délivré »… Ils sont soulagés par l’arrêt du port du masque, mais restent prudents

VOUS TEMOIGNEZ Les masques tombent, mais ça peut aussi être une source de stress

Pierre Cloix

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Bas les masques.
Bas les masques. — Canva/20 Minutes
  • Depuis le 17 juin, les masques ne sont plus obligatoires en extérieur, sauf exception.
  • Dimanche 20 juin, ce sera au tour du couvre-feu de disparaître.
  • Nous avons demandé à nos internautes ce qu’ils en pensaient.

On a presque eu du mal à y croire. Quand, à la sortie du Conseil des ministres ce mercredi, Jean Castex a annoncé que le port du masque imposé en extérieur prenait fin et que la fin du couvre-feu suivrait sous peu, il a fallu quelques secondes pour réaliser. Pourtant, vous pouvez aller vérifier par vous-même, si vous sortez de chez vous, la mosaïque de tissus colorés a bien été remplacée par les sourires (ou du moins par des visages complets, c’est déjà ça). Dimanche, vous pourrez mettre le pied dehors après 23 heures pour la première fois depuis le 17 octobre. Du moins, vous pourrez le faire sans le stress d’un contrôle.

« Je vais enfin me sentir à nouveau libre »

Alors, forcément, quand nous avions demandé à nos internautes comment ils vivaient l’abandon de ces mesures sanitaires, nous nous attendions à un déferlement de joie. Céline fait partie de ceux qui nous ont donné raison : « Libérée, délivrée… Le port du masque devenait de plus en plus difficile de le supporter, surtout en plein soleil. Enfin l’été est là, et dans quelques jours plus de couvre-feu, c’est énorme. Enfin nous allons pouvoir profiter de sortir le soir », se réjouit-elle. Pour Anne, c’est même « une libération » à laquelle elle « ne croyait plus ».

L’abandon du couvre-feu, souvent critiqué, apparaît comme une évidence pour Max : « Ça a toujours été une mesure que je trouve ridicule, le covid était-il plus agressif la nuit tombée ? Quant au masque, il créait un sentiment anxiogène, comme si tout le monde se méfiait de tout le monde. Ça perdurera, mais disparaîtra avec le temps, je vais enfin me sentir à nouveau libre ». Le même sentiment de liberté qui a tant manqué à Nathalie, bien qu’elle reste prudente : « Profitons de la vie mais ne soyons pas fous… Respectons le port du masque à l’intérieur, pour ne plus jamais entendre parler de couvre-feu et autre vocabulaire guerrier. Apprécions notre chance et tournons la page. »

« Ça m’angoisse »

Tourner la page, passer à autre chose… Si nous aurions pu croire que ce sont ces sentiments qui prédomineraient, pour certains de nos lecteurs, ce « relâchement » des mesures peut aussi être source d’un certain stress : « Ça m’angoisse car je n’ai plus envie de confinement, de magasins, de restaurants ou d’activités fermés, mais j’ai un gros doute pour les mois à venir », s’inquiète Marilyne. L’été n’a pas encore commencé que beaucoup d’entre vous redoutent la rentrée. Le souvenir de la période estivale 2020, avec l’espoir d’une « fin » du coronavirus avant une flambée de cas en septembre, en octobre, a laissé des stigmates.

Sophie, professionnelle de santé, s’interroge quant à elle sur la responsabilité individuelle des Français : « J’ai bien peur qu’ils ne comprennent pas les règles ajustées, comme mettre le masque au marché mais pas forcément autour du marché en extérieur. Certains sont stressés des distances et vous envoient bouler, d’autres vous collent. Les comportements étant très hétérogènes, j’ai peur qu’il y ait une incompréhension. Pour moi, c’est un peu tôt et ça risque d’engendrer des comportements inappropriés. Les Français joueront-ils le jeu ? L’enjeu est juste vital ! » Nous voilà prévenus.

Un avenir incertain ?

Enfin, il y a ceux qui, comme Pascal, ne voient pas cet allégement des mesures sanitaires comme une fin en soi : « Je ne vois pas cela comme une "liberté retrouvée". Certes le couvre-feu va être supprimé, mais tant que les masques seront obligatoires dans tous les lieux fermés, les transports en commun, les salles de classe… Pour moi la liberté, c’est de croiser le sourire de la boulangère, de la vendeuse, du serveur… » De fait, ça n’a pas l’air d’être pour tout de suite.

Le 17 juin aurait pu être une fête, et ça l’aura été pour certains. Toutefois, après tant de mesures, d’allègements, de vagues épidémiques successives et de nouveaux variants, on peut observer une certaine méfiance de nos lecteurs envers l’avenir. Pour autant, il n’y a pas de petites victoires, alors « bas les masques » et sortez votre plus beau sourire.