Bouches-du-Rhône : « Cuire ou s’instruire, faut-il choisir ? », interrogent des parents d’élèves inquiets des fortes chaleurs dans les classes

EDUCATION Entre le masque et les chaleurs importantes de ces derniers jours, plusieurs élèves ont été victimes de malaise dans une école des Pennes-Mirabeau, près de Marseille

Mathilde Ceilles

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Des élèves masqués dans une classe
Des élèves masqués dans une classe — SYSPEO/SIPA
  • Des parents d’élèves d’une école des Pennes-Mirabeau s’inquiètent des conditions dans lesquels étudient leurs enfants, entre la chaleur et le port du masque.
  • Des températures excédant les 30 degrés ont été relevées dès le matin dans certaines classes.
  • Des élèves ont été victimes de malaise en fin de semaine dernière.

« Cuire ou s’instruire, à la Renardière, faut-il choisir ? » Dans cette école de 15 classes des Pennes-Mirabeau, petite commune des Bouches-du-Rhône aux portes de Marseille, les parents d’élèves ne cachent pas leur inquiétude, alors que les températures de ces derniers jours sont particulièrement élevées dans la région. « Nos enfants vont en classe dans une chaleur ​harassante, s’alarme Anne-Sophie Cuif, secrétaire de l’association Les Renardeaux à l’école. Les enseignants ont pu relever des températures allant jusqu’à 35 degrés dans les classes, dès le matin ! »

En fin de semaine dernière, plusieurs enfants ont présenté des signes de détresse face à la chaleur, à l’image d’Enzo, le fils de Lisa, scolarisé en CM2. « Jeudi, j’ai dû aller chercher mon fils car il avait envie de vomir et mal à la tête, témoigne-t-elle. Je suis très inquiète ! » « On m’a appelé vendredi car mon fils avait été victime d’un malaise, raconte Dominique, une autre maman d’élève. Il était somnolent, avachi à son bureau, alors que c’est un petit garçon qui est rarement malade. En plus avec le masque, mon fils dit avoir du mal à respirer. Je suis soignante, et je trouve que tout ça n’est pas très bon pour sa santé ! » « Ma fille Romane, en CP, en a vraiment marre du masque, abonde Nelly. Hier, comme tous les jours depuis quelques jours, elle dégoulinait de sueur quand je suis allée la chercher, à la sortie des classes. La situation est catastrophique. »

Des cartons aux fenêtres

Une problématique connue de longue date dans cette école qui accueille 430 enfants, à en croire Anne-Sophie Cuif. « Notre école se trouve dans un vieux bâtiment des années 1970, explique-t-elle. La cour est toute bitumée. Il n’y a pas un arbre. Les fenêtres sont sans volet ni rideau, ce qui fait que certaines classes ont le soleil qui tape dès le matin. Les enseignants sont obligés de mettre des cartons aux fenêtres pour se protéger du soleil ! »

Selon cette déléguée de parents d’élèves, les efforts fournis par la mairie des Pennes-Mirabeau, alertée de longue date, seraient nettement insuffisants. « Pour faire des travaux de la façade, il faudrait une casquette très longue, et on nous a expliqué que la mairie n’était pas capable. Pour rajouter des volets avec lattes, on nous a dit, en se basant sur une expérience sur une autre école, que ce n’était pas assez solide. On nous promet une cour végétalisée mais qui sera efficace dans trois ans au mieux. »

Bataille autour des rideaux

Depuis leur coup de gueule médiatique, des climatisations mobiles ont été installées ce mardi dans chaque classe. « Mais elles sont totalement inefficaces, peste Véronique. Vous voulez rire ? Elle diffuse du chaud ! » « On a l’impression d’être baladé d’année en année, d’attente de budget en attente de budget, soupire Anne-Sophie Cuif. Nous, ce qu’on veut, ce sont des solutions efficaces et rapides d’abord, et ensuite un vrai plan pour isoler le bâtiment. Et pour cela, on aimerait d’abord une vraie climatisation dans les classes et des rideaux dans chacune, et pas seulement dans deux d’entre elles comme ça a été promis. »

Des remarques qui ont le don d’agacer quelque peu le maire des Pennes-Mirabeau, Michel Amiel. « Oui, il fait chaud, lance l’édile. Mais pensez-vous qu’il s’agit du seul endroit du coin où il fait chaud ? Vous devez savoir que ma petite-fille est dans cette école. S’il y avait un danger quelconque, des mesures auraient été prises. La notion d’urgence est toute relative. Si les parents sont montés en créneau par la voie médiatique, c’est qu’ils sont téléguidés par certains de mes adversaires politiques. »

Et d’affirmer : « Je refuse de mettre des climatiseurs pour des raisons écologistes. Et si c’est une question de rideaux, des rideaux seront mis. La commande a été passée, mais compte tenu des la procédure, je ne suis pas certain de donner satisfaction d’ici quinze jours. » Météo France prévoit des températures atteignant les 35°C ces prochains jours aux Pennes-Mirabeau.