Alain Cocq, militant de la fin de vie digne, est mort par suicide assisté en Suisse

EUTHANASIE En septembre 2020, il avait menacé de se laisser mourir en direct sur Facebook si Emmanuel Macron ne changeait pas la loi pour autoriser le suicide assisté

20 Minutes avec AFP

— 

Alain Cocq
Alain Cocq — PHILIPPE DESMAZES / AFP

Alain Cocq, 58 ans, atteint d’une maladie incurable et qui avait fait deux grèves des soins et de la faim en 2020 pour réclamer le droit à l’euthanasie, est décédé ce mardi matin en Suisse par suicide assisté, a annoncé son entourage.

« Je tiens à vous informer, par la présente, de mon décès dans la dignité, dans le cadre d’une procédure de suicide assisté en Suisse », écrit Alain Cocq dans une lettre ouverte adressée au Président de la République, au gouvernement et aux parlementaires et diffusée par ses soutiens.

Gratitude pour les associations, remontrance pour Emmanuel Macron

Dans sa lettre, le militant exprime sa gratitude envers les associations « Association pour le droit de mourir dans la dignité » (ADMD), « Handi-Mais-Pas-Que » et sa reconnaissance aux associations « Ultime Liberté » et à François Lambert (neveu de Vincent Lambert).

Alain Cocq consacre une partie de ses mots à Emmanuel Macron, pour relever « le manque de courage » du président de la République et du gouvernement, par leur « refus de mettre à l’ordre du jour un projet de loi sur la fin de vie dans la dignité […] ».

Alain Cocq interroge les futurs candidats aux élections présidentielles

Dans la suite de sa lettre, Alain Cocq s’adresse successivement aux députés et sénateurs, avant de poser deux questions aux futurs candidats aux élections présidentielles et législatives sur leur soutien ou non d’un projet de loi sur la fin de vie, l’euthanasie et le suicide assisté.

L’association ADMD, aussi, a fustigé la législation française dans un communiqué et a prononcé quelques mots par la voix de son président, Jean-Luc Romero-Michel, présent aux côtés d’Alain Cocq dans ses derniers instants : « (Il) méritait plus que quiconque, après plus de trente années de souffrances, de choisir le moment et la manière de mourir. Je remercie les dirigeants de l’association suisse qui lui ont apporté le respect et le soulagement que la France lui refusait. »