Saint-Brieuc : Le constructeur du parc éolien s’explique après la pollution en mer

ENVIRONNEMENT Après un incident survenu sur le chantier de construction du parc éolien offshore, une nappe d’huile de 16 km de long sur 3 km de large s’est répandue en mer au large de Saint-Brieuc

Jérôme Gicquel
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La pollution fait suite à  un problème technique survenu à bord de l'Aeolus, qui procède depuis le début du mois de mai   des travaux de forage sur le site.
La pollution fait suite à  un problème technique survenu à bord de l'Aeolus, qui procède depuis le début du mois de mai   des travaux de forage sur le site. — Fred Tanneau / AFP
  • Une importante pollution en mer a été observée au large de Saint-Brieuc sur le chantier de construction du parc éolien en mer.
  • Selon la société chargée de la construction du parc, l'huile qui s'est répandue en mer ne serait pas dangereuse.
  • La ministre Barbara Pompili a convoqué dans la foulée les dirigeants du constructeur, réclamant une exemplarité totale de la filière de l'éolien en mer. 

Ils étaient déjà vent debout contre ce projet de parc éolien offshore en baie de Saint-Brieuc. Alors l’incident survenu sur le chantier qui a entraîné une pollution « significative » en mer les a fait bondir. « La baie de Saint-Brieuc n’est pas un laboratoire à ciel ouvert où des industriels viendraient tester des outils et polluer l’environnement marin », souligne le comité départemental des pêches des Côtes-d’Armor, qui va porter plainte contre Ailes Marines, le constructeur du parc.

L’incident s’est produit tôt lundi matin à bord du navire Aeolus qui réalise depuis le début du mois de mai des travaux de forage sur zone. Appartenant à la société néerlandaise Van Oord, le navire a déclaré aux autorités « une fuite d’huile de 100 litres », selon la préfecture maritime de l’Atlantique. Une nappe s’est alors répandue en mer sur une surface d’environ 16 km de long sur 3 km de large non loin des côtes. Ce mardi en fin de matinée, la pollution restait « localisée en mer », prévient la préfecture des Côtes-d’Armor. Un bâtiment de soutien et d’assistance affrété de la Marine nationale était également attendu ce mardi matin sur zone pour démarrer les opérations anti-pollution.

Une huile « biodégradable » selon le constructeur du parc

Sommée de s’expliquer sur cette pollution, la direction d’Ailes Marines évoque ce mardi dans un communiqué « un problème technique » rencontré par le navire à l’occasion d’une deuxième série de forages. « Ce problème technique a entraîné l’écoulement de fluide hydraulique Panolin HLP Synth utilisé dans les systèmes de guidage des foreuses », indique la société, qui appartient au groupe espagnol Iberdrola.

Elle tient par ailleurs à rassurer sur la nature du liquide qui s’est répandu en mer, « un fluide spécialement conçu et développé pour les travaux en mer qui est biodégradable ». « Il est considéré dans l’industrie comme l’un des plus respectueux de l’environnement », poursuit la société qui a immédiatement stoppé les travaux sur le site « dans l’attente de l’inspection technique du gabarit de forage par les autorités ». « Une fois cette inspection terminée, l’Aeolus retournera à son port d’attache afin d’effectuer une vérification technique complète du navire et des outillages » conclut-elle.

Tolérance zéro pour le déploiement de la filière

Une fois l’incident connu, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a aussitôt réagi en convoquant en urgence ce mardi en fin de matinée les dirigeants d’Iberdrola. Durant la rencontre, la ministre a expliqué qu’elle ne tolérerait « aucune négligence dans le déploiement de cette filière de l’éolien en mer qui est porteuse d’avenir et sur laquelle la France est très en retard », indique son entourage.

Dans une région encore meurtrie par les marées noires qui ont plusieurs fois souillé son littoral, ce nouvel épisode de pollution n’a pas manqué de faire réagir. « Toutes les actions nécessaires doivent être mises en œuvre pour préserver les côtes bretonnes, a estimé le président de région Loïg Chesnais-Girard. Ailes Marines doit faire preuve de la plus grande responsabilité et transparence dans ce dossier. J’exige de l’entreprise qu’elle soit exemplaire à toutes les étapes du projet ».

Son adversaire pour les régionales Thierry Burlot a quant à lui vivement critiqué le chantier de parc éolien qui « devient un naufrage ». « Treize ans de discussions, un suivi vacillant, des compensations insuffisantes. Ça suffit ! » a réagi sur Twitter le candidat soutenu par la République en marche pour l’élection.