Saint-Brieuc : Une nappe d’huile de 16 km sur le chantier du parc éolien offshore

POLLUTION Un navire de lutte anti-pollution doit arriver sur zone ce mardi matin

Jérôme Gicquel

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A l'origine de la pollution, le navire Aeolus réalise depuis quelques semaines des travaux de forage sur le chantier du parc éolien en baie de Saint-Brieuc.
A l'origine de la pollution, le navire Aeolus réalise depuis quelques semaines des travaux de forage sur le chantier du parc éolien en baie de Saint-Brieuc. — Fred Tanneau / AFP
  • Une importante pollution en mer a été observée lundi sur le chantier du parc éolien offshore en baie de Saint-Brieuc.
  • Chargé des travaux de forage, un navire appartenant à une société néerlandaise a déclaré une fuite d’huile de 100 litres.
  • Un navire de la Marine nationale est attendu sur zone ce mardi matin pour démarrer les opérations anti-pollution.

La préfecture maritime de l’Atlantique évoque « une pollution d’ampleur significative ». Une nappe d’huile de 16 km de long sur 2,8 km de large a été observée lundi en mer sur le chantier du parc éolien en baie de Saint-Brieuc. L’incident se serait produit tôt lundi matin. Chargé de réaliser des travaux de forage sur le site, le navire Aeolus, appartenant à la société néerlandaise Van Ooord, a déclaré vers 6h30 au centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) de Corsen « une fuite d’huile de 100 litres », indique la préfecture dans un communiqué.

D’abord observée par un satellite, la pollution a été confirmée en début d’après-midi par un avion des douanes. « Face à cette pollution d’ampleur significative, la préfecture maritime de l’Atlantique a rapidement transmis les éléments observés au procureur de la République de Brest, à présent en charge du dossier », souligne la préfecture. Contacté par 20 Minutes, le procureur Camille Miansoni indique « qu’une enquête est ouverte » et que « des constatations sont en cours ».

Les constructeurs du parc éolien convoqués par Barbara Pompili

Un bâtiment de soutien et d’assistance affrété de la Marine nationale est attendu ce mardi matin sur zone pour démarrer les opérations anti-pollution. La société Ailes Marines, qui construit le parc éolien, a par ailleurs déclaré à la préfecture maritime que le navire à l’origine de l’incident devrait quitter la baie de Saint-Brieuc ce mardi matin et rejoindre un port hollandais « pour y conduire des vérifications sur les équipements de forage ».

Dans la matinée, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a réagi à cette pollution en indiquant sur Twitter qu’elle allait convoquer « immédiatement » les responsables d’Iberdrola, la maison-mère d’Ailes Marines, « pour qu’ils s’expliquent sur la situation ».

D’une capacité de 496 Mégawatts avec 62 éoliennes de plus de 200 mètres de haut et 30 à 42 mètres sous l’eau, le parc est censé produire 1.820 Gigawatts par an, l’équivalent, selon son promoteur, de la consommation électrique annuelle de 835.000 habitants. Sa mise en service est prévue fin 2023. Le projet est vivement contesté par les pêcheurs, qui estiment que ce parc éolien offshore va « détruire le patrimoine naturel et les activités économiques de la baie de Saint-Brieuc ».