Affaire Mila : « Peut-être que je serai morte dans cinq ans », témoigne la jeune femme dans « Sept à Huit »

CYBERHARCELEMENT Treize personnes doivent être jugées le 21 juin prochain à Paris pour avoir participé au harcèlement de l'adolescente Mila

Romarik Le Dourneuf

— 

Mila, victime de cyberharcèlement, au palais de justice de Paris le 3 juin 2021.
Mila, victime de cyberharcèlement, au palais de justice de Paris le 3 juin 2021. — Francois Mori

Treize personnes seront jugées dès le 21 juin à Paris, accusées d’avoir participé au cyberharcèlement de Mila. Quelques jours avant ce procès, l’adolescente de 17 ans s’est exprimée dans l’émission Sept à Huit, ce dimanche sur TF1. Harcelée et menacée de mort après avoir publié une  vidéo controversée sur l'Islam, la jeune femme a raconté son quotidien, les menaces dont elle est toujours victime et les camouflages dont elle use pour se protéger. Elle s’est aussi confiée sur ses sentiments vis-à-vis de la France et sur son avenir, qu’elle envisage sombre.

« Quand on me demande : "où te vois-tu dans cinq, dix ans ?" Je me vois peut-être grande brûlée, peut-être avec une jambe arrachée, ou peut-être morte. Peut-être que je serai morte dans cinq ans », a expliqué la jeune femme qui se dit « prisonnière dans son propre pays ». « J’étais pourtant persuadée que mon pays n’était pas comme ça ! (…) Je vois la lâcheté partout autour de moi. Personne ne fait rien parce que les gens ont peur, a ajouté Mila. Moi, je n’aurais jamais la prétention de dire que je suis plus courageuse que les autres, plus forte ou plus puissante que quelqu’un d’autre, parce que ce n’est pas le cas. »

Victime de cyberharcèlement et de menaces de mort, Mila raconte son histoire dans un livre Je suis le prix de votre liberté qui doit sortir le 23 juin prochain aux éditions Grasset. Et malgré ce quotidien compliqué, la jeune femme assure qu’elle ne « s’arrêtera jamais de parler »