Andorre : Trop risqué, le projet d’aéroport international à 2.000 m d’altitude a du plomb dans l’aile

TRANSPORTS Une étude commandée par le gouvernement andorran montre que le projet d’aéroport international dans les Pyrénées porté par la chambre de commerce de la principauté ne permet pas des atterrissages sécurisés

Béatrice Colin

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L'aéroport d'Andorre pourrait accueillir à moyen terme 500.000 passagers par an.
L'aéroport d'Andorre pourrait accueillir à moyen terme 500.000 passagers par an. — Chambre de commerce et d'industrie d'Andorre / YouTube

C’était un projet de longue date, remis au goût du jour ces derniers mois par la Chambre de commerce et d’industrie de la principauté d’Andorre, avec l’objectif de sortir de l’isolement ce petit Etat pyrénéen de 77.000 habitants. Finalement, le projet de construction d’un aéroport dans les Pyrénées devrait retourner dans la pile des idées remises aux calendes grecques.

A l’issue du Conseil des ministres, mercredi, le gouvernement d'Andorre a annoncé qu’il n’irait pas plus loin dans les études de faisabilité de cette structure, imaginée à 2.000 mètres d’altitude, sur le site de Grau Roig. Les porteurs du projet avaient imaginé créer une piste de 1.800 m de long et 45 de large, un moyen pour la principauté d’accueillir directement ses visiteurs, qui aujourd’hui passent par la France et l’Espagne.

Problème de visibilité

Mais voilà, les conclusions d’un rapport de l'Organisation de l'aviation civile internationale commandé par le gouvernement andorran a douché les aspirations de ceux qui s’imaginaient voir atterrir au cœur des Pyrénées, à quelques encablures des pistes de ski, près de 350.000 voyageurs par an.

« Le rapport indique que les opérations ne seraient pas viables du point de vue de la sécurité, car, entre autres, la visibilité de la piste à partir du point où il faut décider d’effectuer ou non l’atterrissage ne peut être garantie », précise le gouvernement. Jordi Gallardo, le ministre de l’Economie a indiqué qu’il statuerait dès que le rapport définitif lui serait remis, mais qu’en attendant il stoppait tout. L’annonce de ce projet avait entraîné une levée de boucliers de la part des défenseurs de la nature.