Déconfinement à Paris : Dans les salles de sport, la joie de la « convivialité retrouvée »

REPORTAGE Après de longs mois de fermeture, les salles de sport ont enfin pu réaccueillir leur public ce mercredi

Alexis Orsini

— 

La salle Fitness Park de Diderot, à Paris.
La salle Fitness Park de Diderot, à Paris. — Alexis Orsini
  • Le grand jour est enfin arrivé : au terme de huit mois de fermeture, les salles de sport ont rouvert rouvrent leurs portes à tous les publics ce 9 juin.
  • Elles restent toutefois soumises à une jauge stricte et au respect de certaines mesures de distanciation physique.
  • 20 Minutes s'est rendu dans une salle d'escalade et une salle de sport parisienne, à la rencontre de sportifs et de sportives venues dès l'ouverture.  

« On a ouvert la salle à 6h, et dès 8h, il y avait 60 personnes ! C’est encourageant, ça montre que les gens savent combien le sport est essentiel pour rester en forme. » Ce mercredi 9 juin, pour cette nouvelle étape tant attendue du déconfinement, le soulagement de Sonny Gradel, responsable du Fitness Park Diderot, dans le 12e arrondissement de  Paris, est palpable.

Après des mois de fermeture pour endiguer l’épidémie de coronavirus, les rameurs, tapis de course et autres haltères de son établissement sont de nouveau accessibles au public. Et les sportifs sont de plus en plus nombreux, en ce milieu de matinée, à se presser au sein de ce temple de la sueur et de l’effort.

A l’instar de Mohamed, 38 ans, un habitué, qui vient d’achever une séance d’abdos particulièrement intense : « Je tenais absolument à être là pour la réouverture, donc je suis venu juste après avoir déposé mon fils à l’école. Le sport est un besoin vital, mon corps demandait à reprendre. Je compte revenir au même rythme qu’avant, mais en y allant d’abord modérément pour éviter de me blesser. »

La salle Fitness Park de Diderot, à Paris, le 9 juin 2021.
La salle Fitness Park de Diderot, à Paris, le 9 juin 2021. - Alexis Orsini

« Tout seul, même avec un bon équipement, on perd la motivation »

Pour Sonny Gradel, l’enjeu de cette réouverture est double : « Avant le confinement, on comptait environ 200 à 300 passages par jour, mais nous avons perdu un certain nombre d’adhérents à cause de la fermeture. Aujourd’hui, on espère d’abord revenir à la fréquentation d’avant, puis faire encore mieux, en accueillant par exemple les personnes dont la salle a définitivement fermé. »

Si le Fitness Park de Diderot ne compte pas parmi les 300 salles de sport ayant déposé le bilan ces derniers mois, il reste pour l’instant soumis à certaines restrictions sanitaires, qui empêchent toute reprise équivalente à l’avant-crise :  QR code à scanner à l'entrée pour être prévenu en cas de contamination, gel hydroalcoolique disposé à des endroits stratégiques, rameurs condamnés pour assurer la distanciation sociale, port du masque obligatoire lors des déplacements… La jauge de 50 % en vigueur limite en outre l’accueil, au sein de ces 2.000 mètres carrés, à 140 personnes maximum, contre 280 en temps normal.

La salle Fitness Park à sa réouverture, le 9 juin 2021.
La salle Fitness Park à sa réouverture, le 9 juin 2021. - Alexis Orsini

« C’était important de revenir le plus tôt possible »

Pas de quoi entamer l’enthousiasme des sportifs assidus. « Ce qui m’a le plus manqué, ces derniers mois, c’est le lien social, le fait de pouvoir échanger sur nos différentes disciplines. Tout seul, même avec un bon équipement, on perd la motivation », explique Christophe, 51 ans, qui comptait jusqu'à présent parmi les personnes autorisées à fréquenter la salle avant sa réouverture à tous les publics. « Aujourd’hui, les gens retrouvent des moments de convivialité en allant boire un verre dans les bars. Nous, c’est la même chose : on recrée du lien dans la salle ! », poursuit l’ancien militaire.

« C’était important de revenir le plus tôt possible, témoigne Anna, 23 ans. L’activité physique en appartement, c’est compliqué à Paris. Surtout qu’en tant qu’étudiante, j’y suivais déjà mes cours à distance. Ca fait vraiment du bien de refaire du sport dans un lieu dédié, et de retrouver l’esprit d’entraide des gens de la salle. »

La salle d'escalade Vertical'Art à Chevaleret (Paris), le 9 juin 2021.
La salle d'escalade Vertical'Art à Chevaleret (Paris), le 9 juin 2021. - Alexis Orsini

Des questions et appréhensions sur les mesures sanitaires

Quelques arrêts de métro plus loin, à Chevaleret, dans le 13e arrondissement, la salle d’escalade Vertical’Art espère justement séduire un public fidèle à cet esprit de partage, à l’occasion d’une inauguration des plus singulières. « A l’origine, on devait ouvrir en décembre, mais avec le confinement, nous avons dû attendre jusqu’à aujourd’hui. La principale différence avec une ouverture classique, c’est qu’on nous pose des questions sur la jauge d’accueil, la distanciation… Ca fait partie des appréhensions de certains », explique Jules Delourme, responsable communication et marketing du groupe Vertical’Art.

Les habitants du quartier, eux, n’ont pas attendu la fin de journée pour commencer à grimper sur les 1.000 mètres carrés de murs d’escalade aux prises bariolées. « D’habitude, j’allais escalader à Saint-Ouen, mais c’est hyper loin donc j’attendais avec impatience l’ouverture de cette salle. C’est propre, neuf et, pour l’instant, il n’y a pas trop de monde, donc je compte revenir. Heureusement que je n’ai pas trop perdu en niveau ! », se réjouit Sonia, la quarantaine, entre deux ascensions. Même constat pour Manu, habitué d’une salle située à Rungis et venu à Vertical’Art en « éclaireur » de son groupe d’amis férus de la discipline.

Objectif : désengorger les horaires les plus prisés

Outre le QR code prévu à l’entrée, la salle impose le port du masque lors des déplacements sur les tapis bordant les murs d’escalade. « Pour désengorger les horaires les plus prisés, nous avons aussi mis en place un système d’"happy hour" en journée. Toute l’équipe est prête à faire respecter les distances entre grimpeurs aux horaires d’affluence, car ils ont naturellement tendance à les oublier une fois lancés », confie Jules Delourme.

Une vigilance qui restera de mise le 30 juin, à la prochaine étape cruciale du déconfinement, qui marquera la fin des jauges d’affluence dans les salles de sport – si la situation sanitaire le permet.