Déconfinement à Paris : « A 7 heures, on sera sur le pont »… Une salle de sport dans les starting-blocks

REPORTAGE Ce mercredi, les amateurs vont pouvoir retrouver le chemin des salles de sport. Comme La Montgolfière, à Paris, que « 20 Minutes » a pu visiter avant sa réouverture

Delphine Bancaud

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Côme, coach sportif à  La Montgolfière.
Côme, coach sportif à  La Montgolfière. — D.Bancaud/20minutes
  • Après huit mois d’arrêt, les salles de sport vont rouvrir leurs portes ce mercredi.
  • 20 Minutes s’est rendu à La Montgolfière, un club haut de gamme en plein Paris.
  • Outre des mesures sanitaires drastiques, le club mise sur ses nouveaux cours et sur une attention particulière portée à ses clients pour les fidéliser et attirer de nouveaux sportifs.

Ils l’attendaient tellement, ce grand jour. Ce mercredi, après huit mois de stores baissés, les salles de sport rouvrent enfin. Un soulagement teinté d’excitation pour les salariés de La Montgolfière, une salle haut de gamme nichée en plein cœur de Paris. « On ressent la même adrénaline que lors du lancement. A 7 heures, on sera sur le pont pour accueillir nos adhérents. J’imagine que les plus passionnés vont se précipiter pour revenir, comme ils l’avaient fait après le premier confinement », commente Ruben Bertrand, l’un des deux fondateurs. Depuis plusieurs jours, l’équipe n’a pas chômé pour redonner du lustre à ce beau lieu : dépoussiérage et vérification du bon fonctionnement des machines, derniers coups de pinceau…

Les salariés de La Montgolfière lors d'un brief pré déconfinement.
Les salariés de La Montgolfière lors d'un brief pré déconfinement. - D.Bancaud/20minutes

Les esprits se sont aussi préparés. Ce mardi matin, les salariés sont d’ailleurs postés devant un grand écran. Basile Lombard-Latune, le deuxième boss, leur fait un topo sur les abonnés, les différentes formules qui leur sont proposées, les mesures sanitaires mises en place. Histoire de leur rafraîchir la mémoire. Un brief suivi d’applaudissements, qui témoigne de l’enthousiasme des salariés à l’idée de retravailler : « Ils étaient presque tous en chômage partiel et scrutaient le calendrier avec impatience », explique Ruben Bertrand. Sur une quinzaine de salariés, seuls deux ou trois ont démissionné depuis septembre, la crise sanitaire leur ayant donné des envies d’ailleurs. Et le club peut aussi compter sur une vingtaine de collaborateurs extérieurs.

« J’ai hâte de retrouver les adhérents »

Côme Cholet, coach sportif, est dans les starting-blocks : « Depuis la fermeture du club, j’ai donné quelques cours en extérieur, je me suis entraîné, je me suis formé en animal flow (pratique sportive s’inspirant des mouvements d’animaux) et en diététique. Mais j’ai hâte de retrouver les adhérents ». Il sait déjà que tous ne seront pas dans la même forme physique qu’il y a quelques mois, le télétravail ayant entraîné plus de sédentarité, voire quelques kilos en plus. « Je vais les conseiller pour qu’ils reprennent en douceur, à leur rythme, afin d’éviter les blessures », prévient-il.

Ruben Bertrand, l'un des créateurs du club de sport, La montgolfière.
Ruben Bertrand, l'un des créateurs du club de sport, La montgolfière. - D.Bancaud/20minutes

L’attention portée aux sportifs sera d’ailleurs essentielle pour les inciter à revenir ou pour donner envie à d’autres de s’inscrire, septembre étant (avec janvier) le mois où les gens s’abonnent le plus : « Avant le Covid-19, nous comptions 1.700 membres. Nous avons gelé l’abonnement de ceux qui étaient inscrits à l’année, mais nous avons perdu 500 clients, dont beaucoup avaient opté pour la formule sans engagement », explique Ruben Bertrand. Pour tenir le coup pendant la fermeture, l’entreprise, qui n’a que trois ans d’âge, a bénéficié du chômage partiel, du fonds de solidarité et d’une aide de l’Etat pour assumer ses charges fixes. « Heureusement, notre entreprise était rentable avant la crise du coronavirus. Si elle était arrivée un an plus tôt, cela aurait été difficile de tenir », poursuit-il.

Une salle de sport de La Montgolfière à Paris.
Une salle de sport de La Montgolfière à Paris. - La Montgolfière.

Des conditions sanitaires strictes pour rassurer

Pour se rappeler au bon souvenir de ses adhérents, La Montgolfière leur a adressé une newsletter pendant toute la durée de la fermeture. Elle a aussi étoffé son offre : « On a mis des nouveaux cours au planning, comme yoga for runners », poursuit le boss. Afin d’attirer à nouveau les sportifs, il faudra aussi les rassurer. D’où un protocole sanitaire encore plus strict que les consignes officielles : « On va respecter une zone de 8 m2 par pratiquant, versus les 4 m2 recommandés. Et pour assurer une distanciation physique de 2 mètres entre les membres, les cours collectifs passeront de 25 à 16 personnes dans la grande salle », déclare Ruben Bertrand. Les sportifs seront aussi invités à télécharger TousAntiCovid, afin de pouvoir scanner un QR code à l’entrée du club. Ils devront également s’inscrire préalablement en cours, ce qui permet une traçabilité de chacun, indispensable pour pouvoir réagir en cas de contamination.

Une consigne de sécurité dans une des salles de La Montgolfière.
Une consigne de sécurité dans une des salles de La Montgolfière. - D.Bancaud/20minutes

Un petit tour dans les différents espaces sportifs permet de se rendre compte que les précautions sanitaires sont maximales : des plexiglas ont été installés entre les tapis de course, des solutions nettoyantes sont mises à disposition afin que les sportifs puissent nettoyer leur machine avant et après leur pratique, des flacons de gel hydroalcoolique sont posés un peu partout. « On a aussi prévu un service de nettoyage présent tout au long de la journée, et les fenêtres seront ouvertes pendant quinze minutes à la fin de chaque session. En plus du système de ventilation, qui permet un renouvellement complet de l’air toutes les 4 heures », informe le boss.

Et La Montgolfière compte aussi sur sa botte magique pour conquérir d’autres clients : son café-restaurant et son espace de coworking accessible aux membres. « Avec le Covid-19, on a tous été privé d’échanges, les sportifs auront besoin de se retrouver », espère Ruben Bertrand. « Avant le coronavirus, les cours préférés des gens étaient le cross training, les pilates et le yoga. On verra s’ils auront envie d’autre chose », ajoute Côme Cholet, qui rêve déjà de leur proposer un échauffement.