Retraites : Pour Laurent Berger, une réforme avant l'été serait une « folie »

SYNDICALISME « Il n’y a pas de place pour un débat apaisé » à l’approche de l’élection présidentielle, juge le secrétaire général de la CFDT

20 Minutes avec AFP

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Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, à l'Elysée, le 29 avril dernier (Illustration)
Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, à l'Elysée, le 29 avril dernier (Illustration) — Jacques Witt/SIPA

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a estimé lundi que ce serait une « folie » d’engager une réforme des retraites avant l’élection présidentielle de 2022, se refusant toutefois à « surréagir » alors que l’exécutif n’a pas encore présenté son projet.

« Ce n’est pas le moment (…). On continue de dire ce qu’on dit depuis des mois, il n’y a pas de place pour un débat apaisé autour de la question des retraites avant la présidentielle. Quelle que soit l’option retenue, ça paraîtrait totalement inflammable », a déclaré Laurent Berger à l’AFP.

« De l’huile sur le feu »

« Le temps est à la reprise, à la réparation de l’épreuve qu’on a traversée, dont tout le monde ne sort pas indemne (…). Il y aura des gens qui resteront au bord de la route ; de la fatigue, de la lassitude, parfois de la colère. Donc ce n’est pas la peine de mettre de l’huile sur le feu », a-t-il encore souligné.

Interrogé sur l’éventuel abandon du système de retraites par points que la CFDT appelait de ses vœux, M. Berger a temporisé, affirmant avoir des « sources qui (lui) disent qu’il n’y a rien d’arbitré » pour le moment. « Maintenant chacun assumera sa part de responsabilité. Une approche purement paramétrique est une approche qui ne nous conviendrait pas du tout, chacun le sait », a fait savoir le patron du syndicat réformiste.

Des « décisions difficiles » à venir

Conçue comme l’une des grandes réformes de la présidence d’Emmanuel Macron, la refonte du système de retraites a été interrompue début 2020 par le déclenchement de la crise du Covid-19, après avoir provoqué d’importants mouvements sociaux.

Le président de la République a relancé le sujet la semaine dernière, jugeant que la réforme ne pourrait être reprise « en l’état », mais prévenant qu’il n’hésiterait pas à prendre des décisions « difficiles » d’ici l’élection présidentielle du printemps 2022.