Déconfinement : Les célibataires misent sur le vaccin pour avoir leur dose « de peau, d’amour et de sexe »

VOUS TEMOIGNEZ Inscrits sur les applis de rencontres, ils ont attendu d’être vaccinés pour rencontrer leur « date ». Ils racontent

Marion Pignot

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Après plus d'un an confinés, vous avez enfin rencontré votre « date » et libéré vos langues.
Après plus d'un an confinés, vous avez enfin rencontré votre « date » et libéré vos langues. — 20 Minutes/Canva
  • Déconfinés depuis le 19 mai dernier, les célibataires (ou pas) multiplient les « dates ».
  • Si en plein cœur de la pandémie de coronavirus, beaucoup déjouaient le couvre-feu et le protocole sanitaire pour rencontrer leur partenaire, aujourd’hui ils semblent attendre d’être vaccinés.
  • Selon Hanna Anthony, autrice du livre Factice dédié aux amours en ligne, « la réouverture des bars réussit aujourd’hui à les faire patienter, en offrant un horizon, une possibilité. Et donc le temps de se faire vacciner pour mieux profiter de ses "dates" et les multiplier ».

« J’ai tenu franchement, pendant plus d’un an. C’était inconcevable pour moi de rencontrer mon "date" avant d’être sûre de moi et de lui. Le vaccin était un incontournable. » Amandine, 29 ans, vient de partager un verre en terrasse avec Samir, 35 ans… Plus de douze mois après le début de la pandémie de coronavirus. La presque trentenaire a répondu à l’appel à témoignages lancé par 20 Minutes, qui, on ne vous le cache pas, comptait sur ses lecteurs pour avoir des anecdotes croustillantes de premier « date » architendu post 19-Mai. Que nenni, les célibataires qui ont trouvé l’amour (ou le fun) sur les applis de rencontres semblent à la sortie de l’épidémie bien plus sages que ceux qui  draguaient il y a un an, à Bordeaux.

Exit les soirées coquines, à deux ou plus, organisées malgré des règles sanitaires, nos célibataires (ou pas) attendent aujourd’hui leur vaccin pour avoir, comme Axel, 33 ans, leur dose « de peau, d’amour et de sexe ». Un vaccin « comme un sésame pour ouvrir la porte de la chambre à coucher », note joliment Agathe, 21 ans. « J’avais trop peur même si forcément, en un an, faire des rencontres m’a manqué, ajoute Amandine. Des amies n’ont pas respecté les règles sanitaires mais à quel prix. Certaines m’ont appelée carrément flippées, pensant avoir chopé le Covid-19. » « J’ai enchaîné les chats, j’ai parfois appelé les gars avec qui je parlais sur Tinder en visio mais jamais je n’aurais mis mes parents en danger, assure Agathe, jointe sur Instagram. Et puis ma tante m’a trouvé une dose… »

« Le vaccin, c’était un pacte entre mon ex et moi »

Vaccinée, même à demi, Agathe a foncé non sans « avoir indiqué sur Bumble » qu’elle avait eu sa première injection. Pareil, pour Maxime, 44 ans. « J’ai deux enfants, une ex-femme avec qui je vis encore. Pas moyen d’être celui qui ramène le Covid-19 à la maison. Le vaccin, c’était un pacte entre mon ex et moi. Ça fait deux ans qu’on est séparés et je me suis inscrit sur Tinder juste avant l’épidémie. J’ai tenu bon mais, là, ça y est j’ai tout lâché. »

« Il y a quelque chose de frénétique dans les "dates" actuels, commente Hanna Antony, autrice de Factice (Kiwi Romans, 254 pages) et rompue à l’exercice de la rencontre en ligne. En pleine pandémie, les célibataires prenaient des risques, en dépit des amendes et de la contamination. La passion prenait le pas sur la raison. La réouverture des bars réussit aujourd’hui à les faire patienter, en offrant un horizon, une possibilité. Et donc le temps de se faire vacciner pour mieux profiter de ses "dates" et les multiplier. »

Maxime avoue avoir choisi logiquement la « terrasse au soleil » pour retrouver celle avec qui il papotait depuis « quelques mois ». « Comme moi, elle attendait le vaccin. Ça la rassurait. Comme moi, elle ne s’est pas arrêtée là, explique le quadra qui depuis un mois enchaîne les « dates ». Après un an d’attente, retrouver de l’intimité c’est quand même la meilleure des récompenses. C’est de ça dont ils devraient parler dans leur campagne de vaccination. » Hanna Anthony ne contredit pas Maxime. La trentenaire qui se cache également derrière le compte Instagram @relation_textuelle assure que le retour des terrasses rend désormais « le date plus facile et plus safe », autant que le vaccin qui permet « le plus vite on se voit, plus vite on couchera ».

« Le vaccin, c’est devenu aussi important que la capote à une époque »

« Pouvoir sentir son corps contre le mien, avoir à nouveau l’impression de vivre c’est vraiment un moment magique que l’on a vécu plus intensément que si ça avait été un banal rencard », explique Nathalie, qui a choisi de rencontrer à nouveau des couples sur des sites de rencontres dédiés (oui, bon, Wyylde). « Le masque et le vaccin, c’est devenu pour mon mari et moi aussi important que la capote à une époque », confie Alexandre. Le couple n’avait pas lâché ses soirées hebdomadaires à Bordeaux quand le Covid-19 a débarqué. Quelques mois plus tard, il regrette, estime avoir été « négligent » et assure que depuis septembre 2020 [la deuxième vague] n’a eu des relations sexuelles qu’avec des personnes « faisant partie d’un mini-cercle de privilégiés ».

Le duo est aujourd’hui « de retour en force » sur un site de rencontres entre libertins. Et là, comme sur Happn, Bumble et cie, les inscrits s’affichent « vaccinés ». « C’est vraiment le truc à la mode et ça permet d’engager la conversation. On se montre même souvent nos certificats dès la première rencontre, explique Louison, 24 ans, célibataire d’avant Covid-19 qui vient de choper « le virus de Tinder ».

« On est passé du "date" balade par zéro degré qui ne donnait pas envie de persister au "date" durant les beaux jours et avec vaccin, ça change la donne », tranche Hanna Antony, qui a un temps travaillé pour feu l’appli Abricot. Et même pour les applis de rencontres, le changement c’est maintenant. Les deux dernières nées, Heart’s Hunters et Stam, misent sur le « date » en toute sécurité en mettant en avant la distanciation (le chat vidéo) pour éviter, selon l’experte des applis, la perte de temps, les déceptions, la fatigue émotionnelle et, surtout, la prise de risques sanitaires.