Marseille : Des parents d'élèves bloquent un collège et lancent symboliquement un recrutement de personnels

EDUCATION Parents d’élèves et enseignants réclament notamment le recrutement d’un second conseiller principal d’éducation et de trois assistants d’éducation supplémentaires dans ce collège classé en zone Rep

Alexandre Vella

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Laetitia, parent d'élève mobilisée.
Laetitia, parent d'élève mobilisée. — Alexandre Vella / 20 Minutes
  • Lundi matin, des parents d’élèves ont empêché l’accès au collège Jean Giono pour protester contre le manque de moyens.
  • Les enseignants se sont spontanément mis en grève après un vote à main levée pour soutenir ce mouvement.
  • Une délégation intersyndicale d’enseignants et de parents d’élèves a été reçue en fin de matinée à l’inspection académique qui promet un arbitrage « autour du 18 juin ».

Le soleil pointait tout juste le bout de ses rayons ce lundi qu’une dizaine de parents d’élèves s’affairaient devant les grilles du collège Jean Giono, dans le 13e arrondissement de Marseille.

Objectif : bloquer l’accès du collège aux enseignants et élèves afin de se faire entendre de l’inspection académique à qui ils réclament, notamment, le recrutement d’un second conseiller principal d’éducation et de trois assistants d’éducation supplémentaires pour soutenir les cinq actuellement en poste.

Une trentaine de candidatures reçues en 48 heures

« L’inspection académique nous avait promis ces recrutements il y a trois ans pour le moment où le collège dépasserait les 600 élèves. Nous en sommes à 620, probablement 700 l’an prochain, et toujours rien », avance Séverine, syndiquée au MPE13 et mère d’une fille actuellement en classe de 5e. Pour marquer le coup et trouver un peu d’écho, les parents d’élèves mobilisés ont publié sur leurs réseaux les offres d’emplois recherchés. « Nous trouvons tellement absurde qu’ils ne soient pas capables d’assurer leur propre mission, que nous nous sommes dit « faisons le boulot à leur place » », résume-t-elle. Une trentaine de candidatures sérieuses leur sont parvenues en l’espace de 48 heures.

Alors que les accès au collège étaient efficacement verrouillés, les parents d’élèves mobilisés se sont exprimés pour expliquer leur geste. C’est alors que les enseignants ont décidé, à l’issue d’un vote à main levée, de se mettre en grève. « La grève a été votée à l’unanimité, à l’exception des contractuels qui se sont abstenus, ce qui se comprend », détaille Nadia, syndiquée au Snes et qui enseigne le français depuis 15 ans dans ce collège reconstruit en 2016 et situé en zone prioritaire. Ce qui était prévu pour n’être à l’origine qu’une entrée retardée des élèves devient alors pour eux une journée banalisée.

Arbitrage autour du 18 juin

Grévistes et parents d’élèves sont ensuite partis se faire entendre devant la direction des services départementaux de l’éducation nationale, non loin de la gare Saint-Charles, où ils avaient déjà eu un entretien le 3 juin. Au pied levé, une délégation intersyndicale d’enseignants et de parents d’élèves était à nouveau reçue en fin de matinée à l’inspection académique. « Un arbitrage sera fait à ce sujet autour du 18 juin, a commenté le rectorat. Il y aura peut-être des recrutements d’AED et la mise à disposition d’un CPE. Mais sur ce genre d’effectif de collège, c’est souvent 1 ou 1,5 temps plein de CPE », précise-t-il.

« Le ton n’était pas le même que jeudi dernier, se réjouit Séverine. Ils nous disaient "on va réfléchir" et là ils disent "on va agir". Mais on restera vigilants. » Les parents d’élèves entendent ainsi maintenir la pression en poursuivant leurs actions jusqu’au 18 juin. « Les candidatures reçues seront remises au cours de la semaine prochaine au rectorat, avec copie en lettre recommandée au ministère », explique Séverine qui promet par ailleurs « quelques surprises », sans pour autant perturber les cours qui reprendront demain.