Mal-être dans la police : Un quart des policiers ont « des pensées suicidaires », selon une étude

SANTE PSYCHOLOGIQUE Le taux de suicides dans cette profession est bien plus élevé que pour le reste de la population

M.F
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40% des policiers sont en détresse psychologique selon le baromètre de la Mutuelle des forces de sécurité (MGP).
40% des policiers sont en détresse psychologique selon le baromètre de la Mutuelle des forces de sécurité (MGP). — SYSPEO/SIPA

La profession va mal. Selon le baromètre de la Mutuelle des forces de sécurité (MGP), consulté par Franceinfo et Le Monde, 24 % des policiers répondants expliquent avoir eu des pensées suicidaires ou entendu leurs collègues évoquer des pensées suicidaires au cours des douze derniers mois. Et les chiffres témoignant d’un profond malaise au sein des forces de l’ordre ne s’arrêtent pas là.

« En vingt-cinq ans, 1.100 fonctionnaires de police se sont donné la mort, soit 44 personnes chaque année en moyenne », rapporte au Monde Benoît Briatte, le président de la Mutuelle générale de la police. « L’équivalent d’une importante direction départementale de la sécurité publique rayée de la carte en une génération », compare le président.

Une mauvaise ambiance au travail

Le baromètre rapporte plus globalement que « 40 % des policiers sont en détresse psychologique ». Les plus touchés seraient les 30-34 ans et selon l’étude, les causes de ce mal-être seraient diverses. Le manque de temps pour accomplir les différentes missions, les difficultés à combiner vie privée et vie professionnelle ainsi que les tensions avec la population pèseraient fortement sur le moral des policiers interrogés.

Mais la cause principale à cette détresse psychologique proviendrait surtout d’une mauvaise ambiance au travail. De nombreux policiers pointent ainsi du doigt une atmosphère entre collègues ou encore une hiérarchie qui n’est pas à l’écoute. Lorsque cette situation est observée, c’est près de 50 % des policiers concernés qui disent avoir envisagé de se suicider.

Face à ce bilan, la Mutuelle des forces de sécurité tire la sonnette d’alarme. Selon Franceinfo, Benoît Briatte souhaite encourager et faciliter l’accès « aux consultations psychologiques », ainsi que les actions de prévention dans les commissariats pour améliorer leur bien-être au travail et donc leur santé psychologique qui doit être « au cœur des débats ».

6.000 agents ont répondu au questionnaire de la Mutuelle des forces de sécurité à travers toute la France, entre février et mars dernier.