Paris : Un foyer pour les enfants victimes d’inceste ouvrira en 2022

PROTECTION DE L'ENFANCE Ce foyer accueillera une trentaine d’enfants victimes d’inceste. Il s’inspire du seul foyer de ce genre existant en France actuellement à Agen

Rachel Maxime avec AFP

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Une enfant. (Illustration)
Une enfant. (Illustration) — Rafael Ben Ari/Newscom/SIPA

Des prises de paroles récentes ont récemment brisé le silence sur l'inceste. Pour protéger les enfants victimes de ces faits, la Ville de Paris va créer un foyer pour les accueillir. Avec un budget de 2 millions d’euros et une trentaine de places d’hébergement, ce foyer pourrait ouvrir ses portes d’ici à la mi-2022 et ainsi « permettre une prise en charge mieux adaptée aux enfants victimes d’ inceste », explique la mairie, qui s’inspire de  la structure de l’association Docteurs Bru à Agen, un foyer de ce genre unique en France.

Un autre foyer doit voir le jour à la même période à Paris pour prendre en charge « le plus en amont possible » les mères victimes de violences conjugales en même temps que leurs enfants co-victimes, explique la Ville de Paris qui possède la compétence départementale pour la protection de l’enfance (environ 400 millions de budget annuel).

Aider les victimes de harcèlement et de cyberharcèlement

Présenté en Conseil de Paris par Dominique Versini, ancienne Défenseure des enfants devenue adjointe à la maire PS Anne Hidalgo, ce plan, adopté à l’unanimité, prévoit aussi la création d’une « maison des droits de l’enfant » qui réunira des associations et professionnels du droit et de la santé. Ce « guichet unique » servira de lieu d’accueil, d’accompagnement et d’orientation pour les enfants, parents et professionnels confrontés à toutes les violences infantiles.

Sur le modèle de La Maison de Marion à Orsay (Essonne), créée à l’initiative de Nora Fraisse dont la fille s’est suicidée à 13 ans, un accueil de jour pour les enfants victimes de harcèlement et de cyberharcèlement doit aussi voir le jour dans la capitale.

Rattachée à la sous-direction de la protection de l’enfance parisienne qui emploie 2.500 agents (éducateurs, psychologues, familles d’accueil, assistantes sociales scolaires), une « mission des droits de l’enfant » doit déployer 34 volontaires dans l’ensemble des arrondissements parisiens afin qu’aucun des 380.000 enfants parisiens « ne sache pas quoi faire » en cas de violence, explique Anne Versini en rappelant les numéros de téléphone : 119 pour enfance en danger, 3020 pour le harcèlement et 3018 pour le cyberharcèlement.

La Ville de Paris se voit confier 4.850 enfants par la justice (foyers de l’aide sociale à l’enfance ou familles d’accueil), tandis que 4.200 autres font l’objet d’un accompagnement tout en restant dans leur famille.