Panne des numéros d’urgence : Le PDG d’Orange affirme que « la situation est sous contrôle », Olivier Véran indique qu’elle reste « instable »

TELEPHONIE Stéphane Richard et Olivier Véran n'ont pas l'air d'accord sur le constat, au lendemain d'une panne nationale

F.F. avec AFP

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Stéphane Richard présente la banque mobile d'Orange, le 20 avril 2017.
Stéphane Richard présente la banque mobile d'Orange, le 20 avril 2017. — Eric Piermont/AFP

Le PDG d’Orange, Stéphane Richard, a affirmé ce jeudi que « la situation » à la mi-journée « est sous contrôle », après une panne qui a perturbé les numéros de secours dans toute la France pendant plusieurs heures mercredi soir. « Il y a eu un certain nombre de perturbations très limitées pendant la matinée. Au moment où nous parlons, l’ensemble de ces numéros d’urgence fonctionnement normalement », a-t-il indiqué jeudi au JT de 13H de TF1. « La situation est sous contrôle ».

Au même moment, le ministre de la Santé Olivier Véran affirmait de son côté qu’une dizaine de régions étaient toujours affectées par la panne qui a gravement perturbé mercredi le fonctionnement des numéros d’appel téléphonique des secours dans toute la France.

« Encore des difficultés »

« C’est instable. J’ai des remontées à l’instant de onze régions, ou dix régions, de France dans lesquelles il y a encore des appels parfois aléatoires. Pas du tout dans la même ampleur de ce qui a été perçu hier mais avec encore des difficultés », a déclaré le ministre lors d’une visite auprès des équipes du Samu de l’hôpital parisien de Necker, appelant à « absolument solutionner (ce problème) au plus vite ».

Convoqué au ministère de l’Intérieur jeudi matin pour donner des éclaircissements au gouvernement, Stéphane Richard a réitéré « ses excuses » aux personnes « qui ont été victimes de ce dysfonctionnement ». « Vers 16 heures 30, hier, nous avons constaté un début de dysfonctionnement sur un équipement critique du réseau, qui en gros est une plateforme qui achemine tous les appels qui proviennent d’un téléphone fixe ou d’un téléphone mobile vers un certain nombre de numéros dont les numéros d’urgence. Pas que les numéros d’urgence, d’ailleurs, mais en particulier ces numéros d’urgence, ce sont évidemment les plus importants », a détaillé Stéphane Richard.

« Aucun signe d’une attaque externe »

« Il faut comprendre qu’en fait, cette plateforme, ce n’est pas un ordinateur quelque part, c’est 6 sites répartis sur 6 endroits différents, qui sont tous entièrement redondants comme on dit dans le jargon, c’est-à-dire qu’en fait l’un peut prendre la place de l’autre s’il y a une défaillance et donc ce système est, par architecture, extrêmement robuste, extrêmement sécurisé », a-t-il ajouté.

Quelle est la cause de l’incident ? « Nous n’avons aucun signe qui nous permette de penser qu’il pourrait s’agir d’une attaque externe », a assuré le PDG d’Orange, expliquant que « la cause racine » de la panne était « plus probablement une défaillance logicielle dans (les) équipements critiques de réseaux ». L’opérateur avait précédemment parlé d’un « un incident technique sur un équipement de type routeur », l’équipement chargé d’acheminer le trafic.

Ces défaillances « ont touché l’intégralité des six sites en même temps. Cela n’est jamais arrivé, c’est un incident effectivement grave, rarissime. Cela a pu arriver dans le monde des télécoms de temps en temps, mais c’est très rare », a-t-il encore souligné. En déplacement dans le Lot, le chef de l’Etat Emmanuel Macron a indiqué être « très préoccupé » par cette panne qui pourrait avoir causé la mort d’au moins trois personnes.