Coronavirus dans les Pyrénées-Atlantiques : Les jeunes concernés par la hausse du taux d’incidence, sans impact sur l’hôpital

EPIDEMIE Epargnée par les précédentes vagues, la population de moins de 50 ans de la région Nouvelle Aquitaine est moins immunisée contre le Covid 19, selon l’ARS

Elsa Provenzano
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Le taux d'incidence a augmenté cette dernière semaine, en particulier dans le Pays basque.
Le taux d'incidence a augmenté cette dernière semaine, en particulier dans le Pays basque. — GAIZKA IROZ / AFP
  • Le taux d’incidence a augmenté de 36 % en une semaine dans le département des Pyrénées-Atlantiques.
  • Les personnes contaminées sont en majorité âgées de moins de 50 ans, les personnes les plus fragiles étant en grande partie vaccinées.
  • Il n’y a pas d’effet sur le système hospitalier. La vaccination doit néanmoins se poursuivre, en particulier auprès des plus jeunes.

Quelle est la situation épidémique dans les Pyrénées Atlantiques ? Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attala évoqué ce mercredi des hausses des taux d’incidence inquiétantes dans le Sud Ouest. C’est le cas dans plusieurs départements de Nouvelle Aquitaine, et en particulier dans celui des Pyrénées-Atlantiques, le taux d’incidence est de 110 ce qui correspond à une augmentation de 36 % en une semaine.

« Il se passe quand même quelque chose mais c’est tout à fait normal on déconfine, le brassage est augmenté et notre région ayant été moins touchée lors des précédentes vagues, cette population jeune de moins de 50 ans est moins immunisée et le virus circule davantage parmi elle », avance ce mercredi Benoît Elleboode, directeur général de l’ARS Nouvelle Aquitaine.

« Plus on dépiste et plus on trouve de malades »

Le lien avec le déconfinement engagé le 3 mai est évident mais l’ARS précise qu’il n’y a aucun élément qui laisse penser que les gestes barrières sont moins respectés dans la région qu’ailleurs. « Les gens se réunissent de nouveau, il peut y avoir un peu de relâchement et comme il y a pas mal de fêtes locales sur ce territoire (des Pyrénées-Atlantiques) cela peut participer à expliquer une augmentation du taux d’incidence », a néanmoins commenté Laurent Filleul, épidémiologiste de Santé publique France Nouvelle-Aquitaine.

Plusieurs clusters ont émergé ces dernières semaines dans les Pyrénées Atlantiques et conformément aux protocoles, beaucoup de dépistages ont été organisés. Le taux de dépistage moyen en France est de 3.000 et il atteint 4.500 chez les 20-29 ans dans les Pyrénées-Atlantiques. « Et plus on dépiste et plus on trouve de malades », souligne le directeur de l’ARS. Une forte disparité existe à l’intérieur du département des Pyrénées Atlantiques puisque le taux d’incidence à l’est, dans le Béarn, s’établit à 83 pour 100.000 et à 152 pour 100.000, dans le Pays basque.

« Les indicateurs hospitaliers au vert »

« Notre taux de positivité réalisé à partir de nombreux tests est de 3,2 quand celui au niveau national est de 3,15, c’est-à-dire qu’on est dans la moyenne nationale », pointe Jean Lacoste, adjoint à la santé de la ville de Pau, et médecin de profession. L’impact hospitalier de cette progression du taux d’incidence est très faible puisque actuellement seules trois personnes sont en réanimation pour Covid-19 à Bayonne et une à Pau. « Tous les indicateurs hospitaliers dans la région sont au vert », a insisté Benoit Elleboode.

Jean Lacoste rappelle que pendant toute l’épidémie, le département a eu les taux d’incidence les plus bas. « Il faut être vigilant mais on n’est pas dans des chiffres alarmants », estime-t-il, mettant en avant les bons chiffres de la vaccination pour les plus de 65 ans (90 % de vaccination), les plus exposés aux formes les plus graves. « La maladie se transmet aujourd’hui par les plus jeunes. Le taux d’incidence pour les 18-25 ans est de 200 à 250 pour 100.000, relève Jean Lacoste. Cela a toujours été le cas, avec des chiffres mêmes plus élevés. »

La préfecture des Pyrénées-Atlantiques a annoncé ce mercredi un renforcement des contrôles dans les jours à venir « notamment dans les restaurants et débits de boissons, les salles de sport, mais aussi sur la voie publique pour éviter les regroupements festifs sauvages et garantir le respect du couvre-feu. » « On va surveiller dans les semaines à venir cette tendance, avec une course contre la montre à mener avec la vaccination », conclut de son côté Benoît Elleboode.