Coronavirus : Face aux variants, l’Europe a-t-elle proposé de restreindre les déplacements des personnes vaccinées ?

FAKE OFF Une recommandation de la Commission européenne suscite des critiques

Alexis Orsini

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Une carte du monde centrée sur l'Europe (illustration).
Une carte du monde centrée sur l'Europe (illustration). — Pexels
  • Sur Twitter comme sur Facebook, des internautes et certaines personnalités politiques ironisent sur les possibles limitations de déplacement en Europe que pourraient subir les personnes vaccinées contre le Covid-19.
  • « L’UE demande la création d’un "frein d’urgence" pour restreindre les déplacements "des personnes vaccinées et rétablies, si la situation se détériore ou en cas de nouveau variant" », a ainsi dénoncé Florian Philippot, ancien vice-président du Front national et président de la formation des Patriotes.
  • Il cite ainsi une recommandation authentique de la Commission européenne… qui précise toutefois que cette suggestion vise justement à permettre une libre circulation au sein de l’UE en y évitant la propagation de variants.

A quoi bon se faire vacciner contre le Covid-19 si le passeport sanitaire européen, censé entrer en vigueur à compter du 1er juillet 2021, ne permet pas de voyager librement au sein de l’Union européenne ?

C’est, en filigrane, la question posée par certains internautes et personnalités politiques. A l’instar de Florian Philippot, qui a tweeté le 1er juin : « Dans un communiqué, l’UE demande la création d’un "frein d’urgence" pour restreindre les déplacements "des personnes vaccinées et rétablies, si la situation se détériore ou en cas de nouveau variant"". Bref, on va vous séquestrer pour votre bien les vaccinés ! Bon courage ! »

Et l'ex-vice-président du Front national d’illustrer ses propos de la capture d’écran d’un paragraphe affirmant : « "Frein d’urgence" : les Etats membres devraient réintroduire des mesures de restriction des déplacements pour les personnes vaccinées et les personnes rétablies si la situation épidémiologique se détériore rapidement ou lorsqu'une prévalence élevée de variants préoccupants ou à suivre a été signalée. »

« Des restrictions de déplacements pour les vaccinés ? […] Je pense à ceux qui se sont fait vacciner seulement pour revenir "à une vie normale" », ironise pour sa part une internaute partageant une capture du même paragraphe.

FAKE OFF

Cet extrait à propos du « frein d’urgence » est authentique : on le retrouve sur le site de la Commission européenne, dans un communiqué du 31 mai proposant de « [mettre à] jour, avant l'été, les mesures coordonnées en matière de déplacements » entre Etats membres. 

Dans ce texte, la Commission propose aussi une série de recommandations visant à simplifier les déplacements de la population vaccinée, telles qu’une dispense de dépistage et de quarantaine de 14 jours.

Jointe par 20 Minutes, la Commission européenne détaille : « Cette proposition vise avant tout le retour à la libre circulation pour tous de façon coordonnée en UE. L'idée est précisément d'aider à la reprise progressive des voyages en provenance des pays tiers où il est possible de le faire en toute sécurité, en relançant le tourisme, notamment en vue de la saison estivale, non l’inverse. »

Une mesure visant à empêcher la circulation de variants

« L'objectif principal du « frein d’urgence », qui est actuellement au stade de la proposition, vise donc uniquement à prévoir des dispositions dans l'éventualité d'une détérioration de la situation épidémique, notamment pour « limiter le risque d'entrée de variants dans l'UE », poursuit l’instance européenne. 

« Il doit permettre aux États membres d'agir rapidement et de manière coordonnée et permettra aussi de reprendre progressivement les voyages internationaux entrants lorsqu'il est possible de le faire en toute sécurité, tout en garantissant une action rapide pour contrer la propagation des nouvelles variantes (avec une classification commune) », conclut la Commission.

Dans sa version complète, la recommandation en question indique que ce « frein d’urgence » doit permettre aux « Etats membres d'agir rapidement et de manière coordonnée pour limiter temporairement à un strict minimum tous les voyages en provenance des pays tiers touchés. »