Paris : Le diocèse s’apprête à porter plainte après les violences contre une procession catholique

MANIFESTATION Alors qu’ils participaient à une procession à Paris en hommage aux ecclésiastiques tués pendant la Commune, des pèlerins ont été pris à partie par des groupes d’antifas

Caroline Politi
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Une procession catholique a été prises à partie samedi, notamment par des militants antifas (image d'illustration)
Une procession catholique a été prises à partie samedi, notamment par des militants antifas (image d'illustration) — Christophe ARCHAMBAULT / AFP
  • Trois cents pèlerins ont été violemment pris à partie, samedi à Paris, alors qu’ils participaient à une procession pour rendre hommage aux ecclésiastiques tués pendant la Commune de Paris.
  • Une plainte est actuellement en cours de rédaction, indique le diocèse.
  • Dès mercredi, les organisateurs, inquiets de voir circuler leur tract sur des groupes proches de milieux antifas avaient fait part de leurs inquiétudes à la préfecture de police de Paris.

« A bas les Versaillais », « A mort les fachos », « Cassez-vous »… Samedi en fin d’après-midi, une procession catholique organisée en hommage aux ecclésiastiques tués pendant la Commune de Paris a été violemment prise à partie, notamment par des groupes antifas. Outre les huées, les quelque 300 manifestants ont été la cible de jets de projectiles et de violences physiques. Le diocèse de Paris indique ce lundi qu’une plainte contre X est en cours de rédaction.

Le cortège qui s’était élancé vers 17h15 de la rue de la Roquette, dans le 11e arrondissement de Paris devait cheminer jusqu’à l’église Notre-Dame-des-Otages, à proximité de la porte des Lilas, retraçant ainsi le chemin emprunté le 26 mai 1871 par une cinquantaine de prisonniers, dont dix prêtres, de la prison de la Roquette jusqu’à la rue d’Haxo où ils furent fusillés. « Il n’y avait aucune dimension politique dans cette marche, il s’agissait avant tout d’un hommage qui s’inscrit dans le cadre des 150 ans de la Commune », insiste auprès de notre journal le diocèse.

Des alertes dans les jours précédant le cortège

Dès le départ pourtant, les participants – des ecclésiastiques, des scouts et des familles – sont pris à partie verbalement. « A bas la calotte », « à mort les Versaillais » scandent des individus attablés sur les terrasses qui bordent la rue de la Roquette. « Il s’agit de manifestants partisans de la Commune qui se rafraîchissent après leur propre manifestation. Ils sont identifiables par leurs drapeaux et autres signes d’appartenance à la mouvance d’extrême gauche anarchiste & antifa », note le rapport de la société mandatée par le diocèse pour assurer la sécurité, auquel 20 Minutes a eu accès. Ce jour-là, en effet, dans le même secteur, l’association Les amies et amis et de la Commune de Paris 1871 organisait une journée d’hommage.

Trois jours avant que la procession ne se tienne, les organisateurs avaient fait part de leurs inquiétudes à la préfecture de police après avoir découvert, sur les réseaux sociaux et notamment sur plusieurs groupes Facebook proches des milieux anarchistes, que le tract de la procession circulait. Un signe d’autant plus inquiétant que le dimanche précédant, des militants d’ultra-gauche s’étaient déjà introduits dans la Basilique du Sacré-Cœur, un monument longtemps symbole de la répression de communards, pour y déployer des banderoles. « Nous n’avions pas communiqué sur cet événement parce que la situation s’était réglée sans difficultés, ils n’ont pas opposé de résistance lorsqu’ils ont été reconduits vers la sortie », précise le diocèse.

La procession interrompue

La préfecture confirme en fin de semaine aux organisateurs avoir pris acte de leurs inquiétudes et que des instructions ont été passées. Pourtant, ce samedi, seule une voiture de police, avec deux fonctionnaires à son bord, ouvre la marche. Ces derniers, ainsi que le service d’ordre mis en place par les organisateurs, sont rapidement dépassés lorsqu’au croisement du boulevard de Ménilmontant et de la rue des Pannoyaux, les attaques ne sont plus uniquement verbales. Sur des images devenues virales sur les réseaux sociaux, on aperçoit des contre-manifestants jeter de nombreux projectiles, notamment des bouteilles, en direction des pèlerins. Certains s’en prennent physiquement aux participants. Selon le diocèse, un homme a été brièvement hospitalisé après avoir reçu un projectile au niveau du visage, une dizaine de blessés légers sont également à déplorer.

Vers 18 heures, une unité de la Brav-M, la brigade de répression de l’action violente motorisée, arrive en renfort. De nombreux manifestants ont déjà quitté le cortège. Les autres tentent de poursuivre leur cheminement mais arrivés devant l’Église Notre-Dame-de-la-Croix, une quarantaine de manifestants bloquent le passage. Les pèlerins décident alors de mettre un terme à la procession et se réfugient dans l’édifice jusqu’à être exfiltrés par les forces de l’ordre. « On est encore sous le choc, confie-t-on au diocèse. Au-delà de la violence dont nous avons été victimes, on ne comprend pas cette haine. » Dimanche, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a déploré la situation sur Twitter, ajoutant que « la liberté de culte doit pouvoir s’exercer en toute sérénité ».