Coronavirus : Plus de 40 % des travailleurs estiment que leurs conditions de travail se sont dégradées

ETUDE Les travailleurs interrogés sont nombreux à déclarer travailler plus longtemps (17%) , avec des horaires décalés (11%) et de façon plus intense (21%)

20 Minutes avec AFP
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Illustration d'une personne en télétravail.
Illustration d'une personne en télétravail. — Sebastien Salom-Gomis

La crise sanitaire a entrainé une dégradation des conditions de travail pour plus de 40 % des travailleurs, selon une vaste étude publiée vendredi par la Dares. L’enquête du service de statistiques du ministère du Travail, menée au 1er trimestre auprès de plus de 17.000 personnes en emploi (hors activité partielle totale ou fermeture administrative), montre que même si la majorité des actifs (54 %) décrivent des conditions de travail plutôt stables par rapport à l’avant-crise avec une petite minorité évoquant même une légère amélioration, ils sont nombreux à déclarer travailler plus longtemps (17 %) , avec des horaires décalés (11 %) et de façon plus intense (21 %).

Un travailleur sur quatre (26 %) fait aussi état d’une dégradation en terme d’exigences émotionnelles, étant plus souvent « bouleversé, secoué, ému dans son travail », et la même proportion dit craindre davantage pour son emploi. Mais le constat est plus nuancé sur d’autres aspects concernant les conditions de travail : ils sont ainsi 18 % à faire état d’une amélioration en ce qui concerne le sens du travail ou en matière d’autonomie (13 %), des données illustrant la diversité des situations pendant la crise.

Les femmes, plus concernées

Parmi les 32 % d’actifs qui font état de conditions de travail en partie dégradées, notamment avec une intensification du travail et une hausse des exigences émotionnelles mais un sens du travail encore renforcé (23 %), les femmes, les cadres, les secteurs de la santé, de l’enseignement ou du commerce de détail, sont notamment surreprésentés, indique la Dares.

Chez les 11 % d’actifs pour lesquels les conditions de travail sont nettement dégradées, se retrouvent davantage de femmes, de membres de l’enseignement ou de secteurs comme la banque, ainsi que des télétravailleurs (41 % contre 30 % en moyenne) . Dans ce groupe, le travail est plus intense pour les trois quarts (72 %) et près de la moitié déclarent travailler plus longtemps (46 %).

Du côté de la santé, la crise sanitaire a aussi eu un impact, avec 30 % des travailleurs qui déclarent un état de santé altéré en janvier 2021, contre 25 % dans une précédente enquête en 2019. La dégradation est encore plus forte du point de vue de la santé psychique, souligne la Dares, avec 23 % des salariés ayant un risque élevé de dépression, soit plus du double par rapport à 2019 (10 %).