Harcèlement scolaire : Le gouvernement veut des adultes référents dans chaque collège et lycée

EDUCATION Et aussi des élèves « ambassadeurs »

20 Minutes avec AFP
— 
Illustration du harcèlement à l'école.
Illustration du harcèlement à l'école. — DURAND FLORENCE/SIPA

La lutte contre le harcèlement, « c’est un combat, (…) ça implique tout le monde », a déclaré le ministre l’Education Jean-Michel Blanquer pour expliquer la mise en place dès la rentrée prochaine dans les collèges et lycées d’équipes spécialement formées à la prise en charge du harcèlement scolaire. Ces brigades compteront également des élèves « ambassadeurs » pour lutter contre ce phénomène, a annoncé le gouvernement vendredi lors d’une présentation de ces nouvelles mesures avec l’épouse du chef de l’Etat Brigitte Macron dans un collège de Ballancourt-sur-Essonne (Essonne), en grande banlieue parisienne.

Depuis septembre 2019, un programme anti-harcèlement « clé en main » était testé dans six académies, où des équipes de certains établissements étaient spécifiquement formées à la prise en charge des situations de harcèlement, et où les élèves étaient impliqués pour lutter contre ce phénomène, notamment grâce à la désignation « d’ambassadeurs "non au harcèlement" ».

La qualité du climat scolaire mesurée

Ce programme va désormais être généralisé à l’ensemble des 5.200 collèges et 3.300 lycées de France, a expliqué le directeur général de l’enseignement scolaire, Edouard Jeffray. Chaque établissement devra se doter d’une équipe « de plusieurs personnes formées à la prise en charge spécifique du harcèlement, grâce notamment à une formation à distance qui sera mise en ligne à partir du mois de septembre », a-t-il détaillé.

Tous les collèges et lycées devront également avoir des élèves ambassadeurs contre le harcèlement, « au minimum quatre à cinq par établissement ». Selon Edouard Jeffray, « ce qui marche le mieux dans ce domaine, c’est quand les élèves se parlent entre eux ». Dans cette optique, la qualité du climat scolaire sera aussi mesurée dans chaque établissement et les conseils de vie collégienne et lycéenne, qui réunissent des représentants d’élèves, seront invités à s’emparer du sujet pour imaginer des actions dans leur établissement. Depuis 2019, le droit des élèves à suivre une scolarité sans harcèlement est inscrit dans la loi.

« On n’a pas réussi à faire reculer le cyberharcèlement »

Le gouvernement a également étendu les horaires d’ouverture des numéros contre le harcèlement (30 20) et le cyberharcèlement (30 18), et a augmenté le nombre de référents académiques sur le sujet. Ils sont aujourd’hui 350 en France, contre 30 en 2014 selon Edouard Jeffray, et interviennent dans les cas de harcèlement les plus difficiles, ou pour former des enseignants.

« On a encore des progrès à faire » a jugé Jean-Michel Blanquer. « Ces dernières années on a réussi à faire reculer un peu le harcèlement, (…) mais on n’a pas réussi à faire reculer le cyberharcèlement », un phénomène qui s’est notamment aggravé pendant la crise sanitaire, a-t-il rappelé.