Vaccination à Toulouse : Non, le centre de pharmacovigilance ne croule pas sous les signalements d’effets secondaires

FAKE OFF Malgré ce que prétend démontrer une capture d'écran devenue virale

Alexis Orsini

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Un centre de vaccination à Bangkok, en Thaïlande (illustration).
Un centre de vaccination à Bangkok, en Thaïlande (illustration). — Teera Noisakran/Pacific Press/Sh
  • Le centre de pharmacovigilance de Toulouse (Haute-Garonne) est-il submergé de signalements d'effets secondaires des vaccins anti-Covid-19 ?
  • C'est ce qu'affirment plusieurs publications virales sur les réseaux sociaux, illustrées d'une capture d'écran montrant la prétendue saturation de la boîte e-mail dédiée à ce type de remontées.
  • Elles s'appuient cependant sur un message d'erreur relatif à une messagerie électronique connexe :  le centre de pharmacovigilance concerné reçoit bien tous les signalements qu'on lui envoie, comme il l'explique à 20 Minutes

Et si le taux de remplissage d’une boîte e-mail dédiée aux signalements des effets secondaires des vaccins anti- Covid-19 permettait de démontrer leur nombre considérable ?

Tel est l’argument avancé, sur les réseaux sociaux, par des internautes convaincus de la dangerosité des sérums développés contre le coronavirus. « Les centres de pharmacovigilance sont saturés à cause des vaccins ! A Toulouse, vous ne pouvez plus déclarer par mail des effets secondaires suite à une vaccination. Et pour cause : "La boîte mail du destinataire est pleine et ne peut plus recevoir de signalements" », affirme ainsi un tweet viral, assorti de la capture d’écran d’un message d’erreur.

« Echec de la remise pour ces destinataires ou groupes […]. La boîte aux lettres du destinataire est pleine et ne peut pas accepter de messages pour l’instant », peut-on lire sur ce message, lié à une adresse e-mail nominative du Centre universitaire hospitalier (CHU) de Toulouse (Haute-Garonne).

Sauf que ce retour concerne l’adresse e-mail d’une employée du CHU, et non pas celle à laquelle s’adresser pour effectuer des signalements d’effets secondaires, qui est clairement indiquée sur le site de l’hôpital : pharmacovigilance@chu-toulouse.fr.

FAKE OFF

L’adresse visible sur la capture d’écran appartenait à « l’une des secrétaires de l’ancien chef de service, à qui j’ai succédé, et qui ne travaille plus au centre de pharmacovigilance, mais qui était encore sur la liste de diffusion de l’adresse pharmacovigilance », explique à 20 Minutes la professeure Agnès Sommet, cheffe du service de pharmacologie médicale au CHU de Toulouse.

« Ce n’est donc pas cette boîte e-mail qui est saturée mais celle de la secrétaire, qui a été retirée de la liste depuis. Nous recevons bien toutes les demandes qui nous sont adressées, et nous les traitons », ajoute-t-elle.

Pas de hausse des signalements, mais un service « bien occupé »

L’adresse pharmacovigilance@chu-toulouse.fr est effectivement bien fonctionnelle, comme nous avons pu le confirmer en lui adressant un courriel. « Depuis le début [de la campagne de vaccination], toutes les déclarations liées aux vaccins contre le Covid-19 ont bien été reçues, analysées et traitées […]. Toutes les déclarations sont transmises à l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament). Comme tous les services hospitaliers, nous sommes bien occupés mais pas du tout saturés par l’activité », nous précise le Centre régional de pharmacovigilance (CRPV).

De fait, celui-ci n’a pas observé de hausse, ces dernières semaines, du nombre de signalements par rapport au début de la campagne vaccinale, il y a quelques mois. « Ces signalements nous occupent depuis le début de l’année, c’est courant à chaque nouveau médicament ou vaccin, notamment lorsqu’il est assez médiatisé : ça avait été le cas pour le Levothyrox , par exemple », complète Agnès Sommet.

Pour les vaccins contre le Covid-19, « les effets les plus fréquemment signalés sont des réactions locales, des douleurs musculaires ou de la fièvre, ce qui est typique des vaccins. Sur les effets les plus graves ou inattendus, nous faisons le point chaque semaine avec l’ANSM pour voir si certains nécessitent un suivi particulier », conclut la cheffe du service de pharmacologie médicale au CHU de Toulouse.

Pour rappel, au niveau national, les effets indésirables des vaccins – comme de tout médicament – peuvent être signalés sur une page dédiée du ministère de la Santé.