Coronavirus en Nouvelle-Aquitaine : Non, des malades ne sont pas enfermés dans des « centres d'isolement »

FAKE OFF La photo d'un établissement affublé de la mention « Centre d'isolement Covid-19 » inquiète de nombreux internautes

Alexis Orsini

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Une tente de secouristes bénévoles en Isère, en avril 2020. (illustration)
Une tente de secouristes bénévoles en Isère, en avril 2020. (illustration) — ALLILI MOURAD
  • Certains internautes craignant la mise en place d'une « dictature sanitaire » face au Covid-19 en sont convaincus : des centres d'isolement réservés aux personnes porteuses du virus vont se multiplier dans l'Hexagone.
  • Ils en veulent pour preuve la photo de l'entrée d'un bâtiment, où est placardée une affiche indiquant : « Centre d'isolement Covid-19 Nouvelle-Aquitaine ».
  • Si la photo est authentique, elle montre une auberge de jeunesse qui permet provisoirement à des personnes sans domicile fixe ou qui résident en centre d'hébergement de s'isoler.

Gare à vous si vous êtes malade du Covid-19 ou cas contact et que vous vivez près de Bordeaux : vous pourriez bien vous retrouver enfermé(e) dans un centre d’isolement !

Du moins si l’on en croit les multiples publications Facebook des derniers jours relayant la même photo de la porte d’entrée d’un bâtiment, sur laquelle sont placardées deux affiches : « Centre d’isolement Covid-19 Nouvelle-Aquitaine » et « Accès interdit aux personnes non autorisées ».

« Les isolements commencent ? Vous allez accepter cela ? », « Ca y est… Ca commence. Il vont nous enfermer », s’alarment plusieurs internautes partageant cette « preuve » censée démontrer la mise en place progressive d’une prétendue dictature sanitaire.

FAKE OFF

La photo a bien été prise en Nouvelle-Aquitaine, dans un quartier de Bordeaux. Un autre cliché, pris d’un peu plus loin, permet de constater que ces affiches sont placardées sur l’entrée d’une auberge de jeunesse. Plus précisément celle située au 22 cours Barbey, près de la gare Saint-Jean, comme on peut le vérifier sur Google Street View.

« Il s’agit d’un hébergement spécialisé piloté par l’Agence régionale de santé [de Nouvelle-Aquitaine] et la préfecture pour l’accueil des personnes victimes d’exclusion, principalement issues de la rue ou centres d’hébergement qui ne peuvent pas les accueillir sans risque de contamination, afin qu’elles puissent effectuer leur [quarantaine] dans de bonnes conditions sanitaires et médico-sociales », explique à 20 Minutes Philippe Rix, directeur du diaconat de Bordeaux, l’opérateur en charge de cet espace d’accueil déjà accessible lors du deuxième confinement, à l’automne 2020.

« Les personnes qui y sont accueillies ne sont pas du tout enfermées : elles sont confinées le temps des périodes légales d’attente liées au Covid-19, qu’elles soient atteintes du Covid-19 ou cas contact : il peut s’agir de 10 jours pour certaines, de 7 pour d’autres… Depuis son ouverture, et à la date du 18 mai 2021, nous avons accueilli 460 personnes venant de toute l’Aquitaine, vu qu’il s’agit d’un centre régional », poursuit Philippe Rix.

Et le directeur de préciser que le centre – mis en avant dans Ouest-France l’automne dernier – est « actuellement vide » mais reste ouvert en cas de besoin.