Coronavirus à Bordeaux : Ce que l’on sait sur le variant détecté dans le quartier Bacalan

EPIDEMIE Un centre de vaccination va ouvrir mercredi pour contrer une mutation du variant britannique, à l’origine d’un cluster qui compte désormais 60 personnes positives, dans le quartier Bacalan de Bordeaux

Mickaël Bosredon
— 
Le centre de vaccination est installé au sein du centre d'animation de Bacalan.
Le centre de vaccination est installé au sein du centre d'animation de Bacalan. — M.Bosredon / 20 Minutes
  • Ce cluster a été identifié vendredi, et compte deux chaînes de transmission.
  • Un centre de vaccination spécifique va ouvrir dès mercredi au cœur du quartier Bacalan.
  • L’objectif est d’établir rapidement une zone tampon afin d’éviter toute propagation de cette mutation.

Alors que le cluster de la mutation du variant britannique, détecté dans le quartier Bacalan de Bordeaux, en est désormais à 60 cas identifiés, un centre de vaccination spécifique va ouvrir mercredi pour tenter d’établir une zone tampon. 20 Minutes vous explique ce que l’on sait sur ce variant.

Quelle est la situation dans le quartier Bacalan de Bordeaux ?

Une mutation particulière du variant dit britannique, qui avait déjà été identifiée en France dans d’autres régions, est à l’origine, pour la première fois, d’un cluster dans le quartier Bacalan de Bordeaux, identifié vendredi dernier. De 51 cas la semaine dernière, on est passé à 60 cas, a annoncé ce mardi Benoit Elleboode, directeur régional de l’ARS Nouvelle-Aquitaine. « Deux chaînes de contamination ont été identifiées, avec deux patients zéro à l’origine, a-t-il précisé. Ces chaînes sont passées par des fêtes d’anniversaire, des réunions de parents d’élèves et des collègues de travail. Mais on n’a pas identifié un événement en particulier. » Le virus a aussi transité par une annexe de la mairie et des établissements médico-sociaux.

Que sait-on de cette mutation ?

Cette mutation « laisse préjuger d’un aspect plus contaminant du virus, même si on n’en a pas encore la démonstration, mais un certain nombre d’indicateurs nous rassurent puisque aucune des personnes positives n’a fait de forme grave », explique Benoit Elleboode. Les personnes positives sont « des personnes jeunes [moins de 50 ans], et non-vaccinées, ce qui veut dire que ce variant ne passe pas au-dessus du vaccin. » A Bordeaux, 50 % des personnes de plus de 50 ans et 80 % des plus de 65 ans sont vaccinées.

Benoit Elleboode, directeur de l'ARS Nouvelle-Aquitaine (à gauche) et Pierre Hurmic, maire de Bordeaux
Benoit Elleboode, directeur de l'ARS Nouvelle-Aquitaine (à gauche) et Pierre Hurmic, maire de Bordeaux - Mickaël Bosredon/20Minutes

Comment va s’organiser l’opération de vaccination consacrée à ce variant ?

Le méga-centre de Bordeaux [installé au parc des expositions] a commencé à vacciner dès le week-end dernier les personnes originaires de Bacalan qui se sont présentées spontanément. Mais un centre de vaccination, consacrée à ce variant, va être installé dès mercredi au cœur du quartier Bacalan, dans les locaux du centre d’animation au 139, rue Joseph-Brunet, c’est-à-dire à côté du centre de dépistage ouvert depuis vendredi. Tous les habitants majeurs de ce quartier, où la couverture vaccinale au 25 mai est de 34% en population générale, sont désormais invités à venir se faire vacciner. Le centre de vaccination accueillera le public dès mercredi à 14 heures, puis tous les jours de 9 heures à 20 heures, a annoncé le maire de Bordeaux Pierre Hurmic. Il sera en mesure d’effectuer 200 vaccinations par jour, et devrait opérer pour une durée minimum de trois semaines. Pas besoin de prouver que l’on habite le quartier pour venir s’y faire vacciner. « On fera au plus simple et en appelant à la responsabilité de la population, qui joue le jeu pour l’instant, explique Benoit Elleboode. Il faut faciliter l’accès à ce centre pour obtenir une adhésion massive. »

Combien de doses de vaccin supplémentaires seront consacrées à ce variant ?

L’Etat a confirmé la livraison à l’ARS de 19.000 doses supplémentaires de Pfizer et Moderna, pour traiter spécifiquement la question de ce variant. « 19.000 doses, c’est considérable, a insisté Benoit Elleboode, puisque le quartier Bacalan représente environ 10.000 personnes, sachant que certaines sont déjà vaccinées. Nous avions chiffré le besoin à 16.000 doses pour réaliser une zone tampon, on nous a donné plus pour avoir une marge de sécurité. » « Il faut acquérir rapidement l’immunité de groupe, et pour cela il faut vacciner » a martelé le maire Pierre Hurmic.

Quelles sont les autres mesures mises en œuvre pour contrer ce variant ?

L’objectif est de créer au plus vite une « zone tampon » dans le quartier Bacalan et aux alentours, pour éviter la propagation de ce virus, a insisté Benoit Elleboode. Pour cela, plusieurs mesures ont été mises en place comme l’installation d’un centre de dépistage qui a déjà dépisté 900 personnes depuis vendredi, et la fermeture d’une école. « Il a fallu aussi informer les habitants pour qu’ils aillent rapidement se faire tester », ajoute Pierre Hurmic, qui estime par ailleurs que « le secret de la réussite face à ce type de variant, c’est la réactivité de tous les acteurs. » L’apparition de ce variant est en tout cas la preuve « qu’il faut continuer d’appliquer les gestes barrière même si l’on est vacciné, complète Benoit Elleboode, notamment dans notre région qui a été relativement préservée, et où il y a donc moins de personnes immunisées. On a entre 6 et 9 % de la population qui aurait eu le Covid. »